Sécu: le gouvernement risque de s’y abîmer la santé

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Un peu éclipsé par le débat sur les retraites, un dossier tout aussi délicat attend le gouvernement : le financement de la Sécurité sociale. Le ministre de la Santé, Jean-François Mattei, recevra, demain, les comptes définitifs pour 2002 et les prévisions pour 2003. La branche maladie du régime général, celui des salariés, aurait ainsi enregistré un déficit de plus de 6,12 milliards d’euros l’an dernier, selon l’administrateur CFTC de la Cnam, André Hoguet, interrogé par l’AFP. La branche accidents du travail aurait subi, elle, une première perte de 45 millions d’euros. Le ralentissement de l’économie et la hausse du chômage ont, mécaniquement, réduit les recettes de la Sécu, alors que les dépenses de santé des Français ont progressé de 7,5 % en un an. En juin, le ministre de la Santé doit ouvrir des consultations officielles sur les remèdes à mettre en oeuvre. Se refusant à envisager une augmentation des cotisations, il devrait continuer à mettre l’accent sur la réduction des coûts. Une stratégie illustrée par le déremboursement partiel – et controversé – de 616 médicaments à « service médical rendu » limité, qui doit permettre d’économiser 300 millions d’euros dès cette année.