Au ministère du Travail, les salles semblent trop petites

SOCIAL Conviés à une réunion au ministère du Travail sur le dossier Sernam, deux syndicalistes CGT ont été priés de quitter les lieux «en raison d'une salle trop petite»...

Céline Boff

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Manifestation de salariés de la Sernam le 4 avril 2012
Manifestation de salariés de la Sernam le 4 avril 2012 — BRULE ANTOINE/SIPA

Ils n’en reviennent toujours pas. Ce mardi matin, trois syndicalistes CGT devaient participer à une réunion au ministère du Travail sur le dossier Sernam. «Lorsque nous sommes arrivés, le représentant du ministère nous a expliqué que la salle était trop petite, que mes deux collègues ne pouvaient pas rester mais que je pouvais, si je le désirais, m’asseoir autour de la table», explique Alain Delpuech, délégué syndical central CGT Sernam. Ce qu’il n’a pas fait. «Nous sommes consternés. Le ministère tente de gagner du temps avec cette manœuvre pitoyable», estime le délégué.

L’objectif de cette réunion était de trouver des solutions de reclassement pour les salariés Sernam qui ne seront pas repris par Geodis. Soit environ 600 personnes sur les 1 441 salariés que comptaient cette entreprise de messagerie.

Les syndicalistes sont d’autant plus à cran qu’ils ont l’impression qu’à la veille du premier tour, le gouvernement «joue la montre».

Depuis cinq mois, ils ont été reçus une dizaine de fois par les ministères du Travail et des Transports. Des réunions menées avec des acteurs du monde du transport et de la messagerie, dans le but affiché de créer une bourse à l’emploi pour reclasser les futurs salariés non repris. Mais pour l’heure, ils constatent «qu’aucune offre ferme de reclassement dans les autres entreprises n’a encore été faite. On nous dit que la SNCF devrait faire des propositions d’ici à la fin de la semaine, alors on attend, avant de décider de la suite que nous donnerons à cette affaire», précise Alain Delpuech.

Sernam avait été placée en redressement judiciaire le 31 janvier. Le tribunal de commerce de Nanterre (Hauts-de-Seine) a accepté le 13 avril l’offre de reprise partielle de Geodis, filiale de la SNCF, seul et unique candidat. Il reprendra effectivement les rennes de Sernam le 7 mai.