La valeur «verte» s'impose dans l'immobilier français

IMMOBILIER Dans un futur proche, la valeur immobilière d'un bien sera dépendante de sa valeur énergétique, dite «verte»...

Bertrand de Volontat

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Les agents immobiliers français veulent retrouver une relation privilégiée avec les clients
Les agents immobiliers français veulent retrouver une relation privilégiée avec les clients — Pouzet/sipa

Vendre sa maison au prix fort ne dépendra bientôt plus de la taille de votre piscine ou de l’emplacement de votre terrain mais de sa valeur environnementale. L’ADEME se penche avec le cabinet Sogreah sur cette nouvelle donne immobilière.

Dès aujourd’hui, 76% des Français sont persuadés qu’un logement peu consommateur d’énergie vaudra en effet plus cher dans le futur.

Sensibiliser les particuliers au DPE

Dans les faits pourtant, les agents immobiliers estiment que seules 46% des transactions sont réalisées en tenant compte du critère énergétique. Toujours 46% des interrogés sont favorables à l’achat d’un bien performant énergétiquement.

Cela est en partie dû au flou régnant encore autour de la définition de la notion de valeur «verte». Ces hésitations sont renforcées par la rareté des biens verts disponibles.

Les professionnels et acteurs du secteur immobilier doivent donc sensibiliser les particuliers et fiabiliser le diagnostic de performance énergétique (DPE) pour permettre l’émergence de la «valeur verte».

A ce jour, déjà 70% des interrogés accordent au DPE une importance particulière. 3 sur 10 ne le voient encore que comme une simple formalité administrative. Preuve que les ménages l’ont déjà intégré dans leur processus d’achat. Le scepticisme tourne autour de deux points: l’efficacité pour réduire la consommation d’énergie et pour lutter contre le réchauffement climatique.

Jusqu’à 30% de différence dans l’ancien

La valeur verte est la valeur nette additionnelle d’un bien immobilier dégagée grâce à une meilleure performance environnementale. Dans l’immobilier ancien, la valeur verte peut représenter jusqu’à 30% de la valeur marchande d’un bien en fonction des types de rénovation, calculée sur les sources d’énergie utilisées, de l’âge du logement et de la valeur initiale du produit sur le marché.

Dans l’immobilier neuf, tout dépend notamment du respect de la réglementation thermique 2012 par rapport à celle de 2005. En logement individuel, la valeur verte sera de 100 euros du m2 (SHON, surface hors œuvre nette) et de 60 euros en logement collectif.

La valeur verte augmentera tant que la majorité des biens ne sera pas aux normes. Et baissera quand le marché arrivera à maturité en termes de performance énergétique comme c’est déjà le cas aux Pays-Bas et en Suisse.