Geodis retenu pour reprendre Sernam mais tous les emplois ne sont pas sauvés

ACQUISITION Sans surprise, la reprise partielle du transporteur en difficulté Sernam a été actée avec un peu plus de 800 postes qui pourraient être sauvés...

avec AFP

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Geodis a été retenu vendredi, sans surprise, pour une reprise partielle du transporteur en difficulté Sernam avec un peu plus de 800 postes qui pourraient être sauvés sur un total de 1.400.
Geodis a été retenu vendredi, sans surprise, pour une reprise partielle du transporteur en difficulté Sernam avec un peu plus de 800 postes qui pourraient être sauvés sur un total de 1.400. — Frederick Florin afp.com

Geodis a été retenu vendredi, sans surprise, pour une reprise partielle du transporteur en difficulté Sernam avec un peu plus de 800 postes qui pourraient être sauvés sur un total de 1.400. Le tribunal de commerce de Nanterre (Hauts-de-Seine) a ordonné «la cession des actifs et des activités de la société Sernam Services aux sociétés Calberson SAS et BMVirolle», selon une copie du jugement que s'est procurée l'AFP.

Sernam, qui était en redressement judiciaire depuis le 31 janvier, a été placé en liquidation avec poursuite d'activité jusqu'au 7 mai inclus. Ancienne filiale de la SNCF, Sernam avait été privatisé en 2005 et acquis par le fonds Butler Capital. Mais la société n'a pas résisté à la concurrence exacerbée du secteur, combinée à la crise économique.

La marque Sernam ne sera pas conservée

Geodis/Calberson propose «la reprise de 622 emplois a minima, auxquels pourront s'ajouter 37 emplois sous réserve de l'acceptation par les salariés les occupant d'une modification de leur contrat de travail relativement à leur lieu de travail», détaille le tribunal. A cela s'ajoutent «45 postes de travail destinés aux salariés du siège» de Sernam et 65 postes pour les salariés de sa filiale Aster, ainsi que 62 postes repris par BMV.

Sernam compte encore 1.441 employés, contre 1.600 fin janvier, après une série de départs liés aux difficultés financières de l'entreprise.

Geodis avait accepté mardi de mettre davantage sur la table pour la reprise du fonds de commerce de Sernam: 500.000 euros contre 50.000 euros initialement, selon lui (certaines sources ont évoqué une somme de départ de 96 euros), auxquels s'ajoutent 250.000 euros proposés par BMV, sa filiale à 30%.

La marque Sernam ne devrait pas être conservée, Geodis souhaitant intégrer les activités de la société dans celles de sa filiale Calberson. Tous les sites d'exploitation ne seront pas repris et pour les salariés non concernés par l'offre de reprise, une cellule de reclassement sera mise en place.

Dossier sensible avant la présidentielle

Le ministère du Travail a aussi réuni à plusieurs reprises différents acteurs du secteur du transport et de la logistique - SNCF, la Poste, fédérations patronales et entreprises - pour mettre sur pied une Bourse à l'emploi. La SNCF, où la rotation des salariés est importante, estime à environ 500 les postes qui pourraient correspondre à des profils d'employés de Sernam.

Les postes offerts seront «réservés» à ces derniers, a assuré Maxime Dumont, secrétaire général de l'Union fédérale route CFDT. Dans tous les cas, les salariés sont assurés de toucher leurs paies en avril, selon l'avocate du Comité d'entreprise Aline Chanu.

L'issue du dossier Sernam était éminemment sensible à l'approche de l'élection présidentielle, le gouvernement souhaitant éviter à tout prix des licenciements à moins de dix jours du premier tour. «Il reste à peu près 500 personnes à qui il nous faut proposer rapidement une solution», a souligné le ministre des Transports Thierry Mariani, sollicité par l'AFP.

Il avait déjà fait en sorte que le candidat à la reprise de Sernam n'ait pas à rembourser 642 millions d'euros d'aides d'Etat jugées illégales par la Commission européenne, comme le demandait le patron de Geodis, Pierre Blayau. Sa deuxième condition pour le dépôt d'une offre tenait à la date de prise de contrôle de l'entreprise. Blayau exigeait d'en avoir la jouissance 28 à 45 jours après la décision judiciaire. Mais il a dû se résoudre à proposer une reprise en main dès le 7 mai.