Pourquoi les entreprises familiales peuvent porter notre économie

ECONOMIE Des entreprises indépendantes, bien structurées et gérant leurs finances très strictement…

Bertrand de Volontat

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L'entreprise familiale française, fleuron de l'économie nationale?
L'entreprise familiale française, fleuron de l'économie nationale? — SUZAN THIERRY/SIPA

Les entreprises familiales seraient-elles l’arme anti crise des Etats en difficultés financières? Une étude de KPMG estime que les entreprises familiales, majoritairement des établissements de taille intermédiaire (ETI), - il ne s’agit pas ici de parler de la famille Bettencourt - ont une grande capacité de résistance à la crise et sont des accélérateurs de croissance. Décryptage.

Une gestion bien maîtrisée

Sur l’ensemble des dirigeants de compagnie interrogés pour cette étude, 62% jugent les entreprises familiales plus aptes à créer des emplois et à dynamiser la croissance que les autres.

Pour ce faire, elles axent leur développement sur croissance externe (acquisition, fusion) plutôt qu’organique, bien qu’en France, l’accès au crédit reste difficile. Et les transactions complexes à réaliser. Deuxième axe, elles se tournent principalement vers les marchés émergents.

Plus important encore, elles tentent de rester indépendantes des marchés financiers (pas de cotation) et gèrent leur trésorerie de manière stricte. Notamment, l’optique permanente de réduction des coûts via des modifications structurelles est leur axe central d’action.

La situation pourrait encore être bonifiée pour ces entreprises qui considèrent à 60% que l’Etat ne les soutient pas suffisamment. Toutefois l’Etat, autour de la thématique du «fabriqué en France», lève certains moyens financiers. Les entreprises familiales insistent quant à elles tout particulièrement sur les questions d’accès au financement et sur la fiscalité de la transmission.

Et au sujet de la transmission, la famille est-elle justement un modèle viable adapté au monde actuel?

Pas imperméables à la crise

L’entreprise familiale basée sur une vision du développement à long terme ne correspond pas forcément aux changements et à l’instabilité liés à la crise actuelle. Certaines cherchent donc à s’adapter pour ne pas disparaître, comme c’est le cas pour grand nombre de PME

En réponse à la conjoncture, 80% réfléchissent à un changement de gouvernance et au recrutement de cadres dirigeants extérieurs à la famille

Suivant la même tendance, près de la moitié des dirigeants d’entreprises familiales conseillent à leurs enfants de débuter dans d’autres entreprises avant de prendre un poste décisionnel au sein de la familiale. Mais le manque d’embauches sur le marché de l’emploi pourrait pousser ces mêmes jeunes à intégrer directement le cocon familial après l’école, l’université ou autre.