Quick: Baisse des ventes en France de 6,24% en 2011 après la mort d'un client

RESTAURATION Le groupe de restauration rapide paye directement le drame intervenu dans ses locaux...

avec AFP

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Le groupe de restauration rapide Quick a vu son chiffre d'affaires reculer de 6,24% à 761,2 millions d'euros en 2011 en France, un repli "directement lié", selon son PDG, à l'impact du décès d'un adolescent peu après un repas dans un fast-food de l'enseigne à Avignon.
Le groupe de restauration rapide Quick a vu son chiffre d'affaires reculer de 6,24% à 761,2 millions d'euros en 2011 en France, un repli "directement lié", selon son PDG, à l'impact du décès d'un adolescent peu après un repas dans un fast-food de l'enseigne à Avignon. — Eric Feferberg afp.com

Le groupe de restauration rapide Quick a vu son chiffre d'affaires reculer de 6,24% à 761,2 millions d'euros en 2011 en France, un repli «directement lié», selon son PDG, à l'impact du décès d'un adolescent peu après un repas dans un fast-food de l'enseigne à Avignon

Conséquences directes

Le groupe, qui s'était jusqu'ici refusé à publier le moindre chiffre sur l'impact en termes de fréquentation et d'activité, a confirmé une information du magazine professionnel France Snacking publié vendredi. «En 2011, la baisse est directement liée à la crise que nous avons traversée à partir de fin janvier 2011», le mois du drame, a indiqué Jacques-Edouard Charret dans un courrier électronique à l'AFP.

«Après avoir baissé à partir de février, les ventes se sont redressées régulièrement jusqu'à atteindre en décembre un équilibre par rapport à 2010, conformément à notre plan de marche», a-t-il ajouté. Avec ses points de vente à l'international (essentiellement au Luxembourg et en Belgique), le groupe enregistre un chiffre d'affaires de 982 millions d'euros, en baisse de 4,6%.

Le 22 janvier 2011, un adolescent de 14 ans était décédé au lendemain d'un repas pris dans un Quick à Avignon. Le parquet avait alors indiqué que la synthèse des rapports médico-légaux permettait de conclure que Benjamin Orset avait été victime d'une toxi-infection alimentaire liée à ce repas.

«Rien ne confirme aujourd'hui la thèse du parquet, qui s'est un peu précipité», a déclaré vendredi à l'AFP une source proche du dossier, soulignant que «toute une batterie d'analyses complémentaires» n'ont pas permis de faire le lien entre l'intoxication alimentaire et le repas pris à Quick.

Un dysfonctionnement local

Le parquet avait pointé la présence de staphylocoques dorés et d'une même entérotoxine dans le liquide gastrique de l'adolescent, ainsi que sur des salariés et à l'intérieur du restaurant. Une double présence jugée "anormale et dangereuse" par des experts cités par le parquet.

«Des souches susceptibles de sécréter l'entérotoxine en question ont été retrouvées chez quatre membres du personnel, mais elles sont géno-typiquement différentes (elles n'ont pas le même ADN, ndlr) de la souche retrouvée dans l'estomac de la victime», a précisé la source proche du dossier.

Le parquet d'Avignon n'a pas fait de commentaires, indiquant que l'instruction était toujours en cours. L'avocat de la famille de l'adolescent n'a pas pu être joint par l'AFP, ni celui de l'ex-gérant franchisé du restaurant, mis en examen en mars 2011 pour «homicide involontaire par violation manifestement délibérée d'une obligation de sécurité et de prudence».

Après le drame, évoquant un possible «dysfonctionnement local», Quick avait repris son restaurant en exploitation directe. La chaîne avait aussi annoncé un renforcement de ses mesures sanitaires et ouvert ses cuisines à la presse.

Quick exploite environ 500 établissements dont 350 en France, où il est n°2 derrière le géant américain McDonald's (1.230 restaurants). Il emploie 20.000 salariés.