Les vins de table français cartonnent à l'export

ALCOOL Les ventes des vins de France, anciennement appelés vins de table, ont progressé de 25% à l'international en 2011...

Céline Boff

— 

 Des Chinois dégustent du vin
 Des Chinois dégustent du vin — Peng Neng/EPN/NEWSCOM/SIPA

Si le «made in France» séduit à l’export, c’est particulièrement vrai pour le vin. Et notamment pour les vins de France, qu’on appelait auparavant les vins de table. En 2011, leurs ventes ont bondi de 25% à l’international, par rapport à 2010, selon les chiffres communiqués ce jeudi par l’Association nationale interprofessionnelle des Vins de France (Anivin).

Les vins de France représentent désormais 22% des exportations françaises de vin. Les nectars les plus vendus restant les vins d’appellation d’origine protégée (AOP, anciennement appelés AOC), avec 45% des volumes, suivis des vins d’indication géographique protégée (IGP, ex-vins de pays), avec 33% des volumes.

Si les vins de France gagnent du terrain, ils le conquièrent sur tous les continents et ils explosent littéralement en Chine, avec une hausse de 63% des ventes en un an. Ce n’est sans doute qu’un début, puisqu’à ce jour, seul un Chinois sur quatre consomme du vin… La mondialisation devrait cette fois-ci jouer en faveur du «made in France».

L’Allemagne, premier client

Si les vins de France cartonnent en Chine, leur premier marché reste l’Europe. Ce territoire représente 80% des exportations françaises. Une fois n’est pas coutume: l’Allemagne est le premier client de la France sur ce segment – il importe à lui seul 31% des volumes écoulés à l’international.

Comme l’explique Franck Crouzet, du groupe Castel: «Les vins de France sont des produits simples et accessibles qui permettent aux clients de consommer du vin de manière décontractée, sans avoir à maîtriser les approches terroirs et vignobles». Pour Etienne Maffre, directeur général adjoint de la maison Gabriel Maffre: «Les vins de France sont utiles pour se battre à armes égales avec les producteurs du nouveau monde dans les pays où les indications géographiques trop sophistiquées n’apportent pas de valeur ajoutée». Ce producteur de vins en Vallée du Rhône apprécie notamment «la possibilité offerte par les vins de France de procéder à des assemblages originaux de cépages».

Le vin blanc dope les ventes

«Face à la compétition mondiale, certains ont pensé qu’il fallait laisser les vins de marque aux producteurs du nouveau monde pour se concentrer sur les vins haut de gamme et sur les vins artisanaux… Nous n’avons pas suivi cette stratégie et nous vendons aujourd’hui 13 millions de bouteilles dans 45 pays», se félicite Laurent Delaunay, directeur général de Badet Clément. Cette société, spécialisée dans la production de vins de marque, intervient dans les vignobles Languedoc-Roussillon et Bourgogne.

Si les vins de France se portent bien, c’est surtout grâce à la création, en 2009, du sous-segment «Vin de France avec mention de cépage et millésime». «Nous l’avons créé pour mieux répondre à la concurrence internationale, et ça marche, puisque ce sous-segment enregistre une progression de ses ventes de 135%», détaille René Moreno, président d’Anivin. Les vins blancs dopent particulièrement les ventes: ils représentent à eux seuls 45 % des volumes «avec mention de cépage» écoulés à l’export.