Le marché du vélo remonte la pente

VENTES Un peu plus de trois millions de vélos ont été vendus en France, en 2011...

Céline Boff

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Une jeune femme se promène en vélo dans un parc
Une jeune femme se promène en vélo dans un parc — SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA

Le marché du cycle reprend la forme. Après cinq années de baisse consécutive, il a renoué avec la croissance en 2011, avec une hausse des ventes de 5,5%. Au total, 3,2 millions de vélos ont été écoulés en France, l’an passé. Ce qui fait de l’Hexagone le 9e pays le plus acheteur de vélos au monde, et le 3e européen. Derrière l’Allemagne et la Grande Bretagne, mais devant les Pays-Bas, pourtant souvent cité comme modèle en matière de déplacement en deux roues. La Hollande enregistre d’ailleurs un sérieux recul de ses ventes (-15%). A noter que 80% des vélos vendus en France ne sont pas fabriqués localement.

«Notre marché s’est redressé», se réjouit Didier Huré, délégué général du Conseil national des professions du cycle (CNPC), qui a présenté jeudi les résultats 2011 de son secteur. Ce rebond pourrait notamment s’expliquer par l’augmentation des coûts des transports, et plus particulièrement celle des carburants. «Le vélo est un remède contre la crise en matière de mobilité», insiste Didier Huré.

D’autant plus que les prix à la vente n’ont pas explosé. En 2011, le prix moyen d’un vélo était de 265 euros, contre 262 euros en 2010. Soit une hausse de «seulement» 1,15%. A noter que ce prix est très inférieur à celui de l’Allemagne (400 à 500 euros) et de la Grande-Bretagne (700 à 800 euros).

Le VTT reste le leader du marché

Côté tendances, le vélo le plus vendu reste le VTT, avec 1,49 million de ventes en 2011. Si les vélos pliants sont encore marginaux, leurs ventes explosent: elles ont doublé en un an (25.500 en 2011). En revanche, les vélos électriques font du sur-place. La faute aux grandes surfaces alimentaires (GSA) selon le CNPC: «Elles ont déstabilisé notre secteur en proposant des produits à bas prix, à partir de 299 euros, et puis elles se sont subitement retirées de ce marché», attaque Didier Huré. Les chiffres ne le contredisent pas: les GSA sont passées de 43% à 18% de parts de marché du vélo électrique entre 2010 et 2011.

En matière de distribution, ce sont les grands magasins de sport, type Decathlon ou Intersport, qui se taillent la part du lion, avec 52% des volumes écoulés, devant les grandes surfaces (25%) et les spécialistes (23%). Mais en valeurs, ces spécialistes deviennent les leaders du marché: ils réalisent 53,5% du chiffre d’affaires global du vélo.

Au total, le marché du cycle, c’est-à-dire la vente des vélos et des produits périphériques (habillement, antivols, etc.), s’élevait à 1,35 milliard d’euros en 2011. Soit une hausse de 5% en un an, qui profite surtout aux grandes surfaces de sport et aux magasins spécialisés. Les grandes surfaces alimentaires étant quant à elles légèrement en recul, avec des ventes en baisse de -0,5%.