Le repas d'affaires ne fait plus recette

TRAVAIL Le succès des plateaux repas ne se dément pas...

Mathieu Bruckmüller

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Les travaux dans les logements pour les particuliers, la restauration et les services à domicile seraient visés. Les deux premières mesures rapporteraient 1,5 milliard d'euros avec une TVA à 7% et 3 milliards d'euros avec une taxe à 9%.
Les travaux dans les logements pour les particuliers, la restauration et les services à domicile seraient visés. Les deux premières mesures rapporteraient 1,5 milliard d'euros avec une TVA à 7% et 3 milliards d'euros avec une taxe à 9%. — Caroline Ventezou afp.com

Le déjeuner d’affaires à la française n’a vraiment plus la cote. Il est bien loin le temps où l’on sortait en milieu d’après-midi du restaurant lesté d’une entrée, d’un bon plat en sauce et d’un dessert, le tout accompagné  d’une bouteille de vin, voire même pour les plus courageux d’un digestif en guise de conclusion. «Désormais, la carafe d’eau n’est plus tabou», illustre Marcel Bénézet, le président de la Fédération des cafés, bars et brasseries de l'organisation patronale Synhorcat. Les poissons et les salades font recette.

Mais depuis quelques années, les restaurateurs sont confrontés à la concurrence des plateaux repas. «Le rituel du repas d’affaires a du plomb dans l’aile. Le temps est devenu une denrée si précieuse qu’il ne faut plus en perdre une miette. Dans les entreprises, on planifie, on optimise, quitte à sacrifier la pause-déjeuner», décrypte Alexandre Boulègue, directeur d’études chez Xerfi. Si on y consacrait 90 minutes en 1975, sa durée moyenne n’atteint plus que 31 minutes aujourd’hui.

Croissance de 7% par an pour le marché du plateau repas

Dans ce contexte, le marché du plateau repas est en pleine effervescence. Son chiffre d‘affaires est passé de 40 millions d’euros en 2005 à 75 millions en 2010. Il devrait même atteindre 105 millions d’euros en 2015 selon Xerfi, soit une croissance de 7% par an.

La recette du succès est simple : «Le plateau repas associe rapidité et plaisir de la pause-déjeuner», souligne Alexandre Boulègue. En plus, ce dernier se veut beau et bon. Pour preuve, le succès des coffrets haut de gamme vendus sous des marques de standing comme Flo Prestige, Fauchon ou encore Lenôtre. D’autres comme L’Affiche se sont liés avec des toques connues comme Marc Veyrat.

Mais la concurrence est rude. Outre les traiteurs haut de gamme, les livreurs de sushis remportent un franc succès. Sans compter des sites comme Alloresto.fr qui assurent la vente à distance et la livraison de centaines de restaurants partenaires.

Des prix qui restent élevés

A l’avenir, «outre la qualité à l’avenir, c’est le prix qui fera la différence. Un plateau repas coûtent 24 euros en moyenne, c’est encore trop pour espérer convertir tout le marché», estime Alexandre Boulègue. Les restaurateurs ne désarment pas non plus. «Nous n’avons pas toujours bonne presse. Le service est parfois lent», reconnaît Marcel Bénézet.  «Le marché reste ouvert. Les restaurateurs doivent être davantage sensibilisés à la qualité de l’accueil. Cela nous oblige à mieux faire notre métier», concède Jean-Pierre Chedal, président des restaurateurs au Synocrat.

Le déjeuner de travail  est aussi de plus en plus concurrencé par le petit-déjeuner. Anglo-saxon, le phénomène fait des émules dans l’Hexagone. A l’hôtel Plaza Athénée, on confirme que la tendance est notable. Principal avantage du petit-déjeuner: il permet de ne pas couper la journée en deux et donc gagner en efficacité.

>>Et vous, est-ce que vous sortez moins à l’extérieur pour vos repas d’affaires? Que pensez-vous des plateaux repas? Dites-le nous dans les commentaires ci-dessous…