L'Europe prête à négocier sur la taxe carbone aérienne

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L'Europe est prête à modifier la taxe carbone aérienne mise en place en janvier et estime qu'un compromis est possible d'ici à 2013, déclare la commissaire européenne à l'Action pour le climat dans une interview au Monde de vendredi. L'introduction de cette législation, qui oblige les compagnies aériennes faisant voler des avions dans le ciel européen à acheter l'équivalent de 15% de leurs émissions de CO2, a provoqué une levée de boucliers aux Etats-Unis, en Chine et en Inde.

Négocier sans céder

«La loi n'entrera pleinement en vigueur qu'à partir d'avril 2013, où il conviendra alors d'acquitter les paiements. Si la volonté politique existe, on peut dégager un consensus en treize mois», indique Connie Hedegaard dans l'entretien au quotidien. Elle ajoute que les Américains sont disposés eux aussi à dialoguer et qu'une nouvelle réunion au sein de l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI) est prévue en juin.

«J'ignore ce qui en ressortira et si ce sera suffisant, et ambitieux. Mais il est clair qu'en cas de compromis dans cette instance, l'Europe serait prête à modifier sa législation. Tout dépendra de ce qui sera sur la table pour aboutir à un accord favorable au climat», poursuit la commissaire.

En représailles contre la nouvelle taxe, la Chine a bloqué l'achat de 55 Airbus, dont 45 long-courriers A330 et 10 très gros porteurs A380, des commandes d'une valeur totale de 14 milliards de dollars (10,5 milliards d'euros).

«L'Europe n'a pas l'intention d'engager une guerre commerciale, toujours facile à déclencher mais compliquée à clore, précise Connie Hedegaard. Mais nous ne pouvons pas accepter que d'autres Etats qui n'aiment pas nos lois nous lancent des injonctions. Que se passera-t-il après, si la Chine n'apprécie pas d'autres de nos lois?»