Les investissements étrangers en France marquent le pas en 2011

ECONOMIE La crise des dettes souveraines a fait douter les entreprises étrangères...

avec AFP

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Les investissements étrangers en France ont marqué le pas en 2011, en recul de 11% sur 2010, mais restent soutenus avec le deuxième meilleur résultat depuis plus de 10 ans, ont annoncé mercredi Bercy et l'Agence Française pour les investissements internationaux (AFII).
Les investissements étrangers en France ont marqué le pas en 2011, en recul de 11% sur 2010, mais restent soutenus avec le deuxième meilleur résultat depuis plus de 10 ans, ont annoncé mercredi Bercy et l'Agence Française pour les investissements internationaux (AFII). — Mehdi Fedouach afp.com

Les investissements étrangers en France ont marqué le pas en 2011, en recul de 11% sur 2010, mais restent soutenus avec le deuxième meilleur résultat depuis plus de 10 ans, ont annoncé mercredi Bercy et l'Agence Française pour les investissements internationaux (AFII).

84 investissements de moins en 2011

Avec l'an dernier 698 nouveaux investissements étrangers, à l'origine de 27.958 emplois, la France «a fait mieux que résister» après les 782 investissements recensés en 2010, année «exceptionnelle» et de «reprise», a fait valoir le ministre de l'Economie François Baroin. «Treize décisions d'investissement ont ciblé la France chaque semaine l'année dernière», a-t-il souligné lors d'une conférence de presse à Bercy.

Selon le président de l'AFII, David Appia, «la crise des dettes souveraines a eu des conséquences au dernier trimestre 2011», entraînant «une certaine retenue des entreprises étrangères» dont certaines ont reporté leur décision d'investissement. Ce fléchissement, selon lui, ne serait toutefois plus perceptible aujourd'hui. L'accord sur la dette grecque est en train de «restaurer la confiance» et marque une «détente incontestable», a observé pour sa part François Baroin.

Interrogé sur les effets des échéances électorales, le ministre a affirmé que «ce serait mentir de dire que le rendez-vous n'est pas regardé dans le monde entier comme un rendez-vous important», faisant état «d'investisseurs étrangers qui s'interrogent et passent des coups de fil».

PME, ETI et grandes entreprises se répartissent quasi-équitablement les IDE

François Baroin a pointé, sans le désigner nommément, le candidat socialiste François Hollande avec la «remise en cause du traité intergouvernemental (européen) dont l'encre est encore fraîche». Elle est, selon lui, «plutôt de nature à entretenir la défiance qu'à poursuivre la restauration de la confiance».

Les investissements étrangers en France l'an dernier ont été le fait d'entreprises de toutes tailles : PME (28%), entreprises de taille intermédiaire (34%) et grandes entreprises (39%), a précisé l'AFII. Ils étaient en provenance pour 60% d'Europe, 25% d'Amérique du Nord et 11% d'Asie.

Quatre pays, l'Allemagne, les Etats-Unis, l'Italie et la Suisse, ont été à l'origine de plus de la moitié (52%) de ces investissements qui se sont concentrés sur des activités à forte valeur ajoutée ou de haute technologie et ont concerné pour un tiers d'entre eux des activités de production. Les cinq premières régions bénéficiaires ont été l'Ile-de-France (33% du total national), Rhône-Alpes (17%), l'Alsace (6%), Midi-Pyrénées (6%) et Provence-Alpes-Côte d'Azur (5%), accueillant ensemble 67% des nouveaux investissements créateurs d'emploi.

En termes d'emplois créés ou sauvegardés, le classement est différent avec l'Ile-de-France en tête (25% du total national), suivie de Rhône-Alpes (16%), Midi-Pyrénées (11%), l'Alsace (7%), la Lorraine (5%) et le Nord-Pas-de-Calais (5%). Parmi les investissements qui ont généré le plus d'emplois figure celui de l'allemand Bertelsmann AG (médias) dont un nouveau centre d'appels installé près d'Angoulême (Poitou-Charentes) en a créé 420. Un autre centre d'appel ouvert par le site américain booking.com à Tourcoing (Nord-Pas-de-Calais) en a créé 250.