La France attire toujours les investisseurs étrangers

ATTRACTIVITE En 2011, 698 entreprises étrangères se sont installées en France, créant ou sauvegardant près de 28.000 emplois...

Céline Boff

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Les entreprises américaines ont beaucoup investi dans la production en France en 2011
Les entreprises américaines ont beaucoup investi dans la production en France en 2011 — Sipa

C’est presque un paradoxe. Si la France se désole régulièrement du fait que des entreprises tricolores partent s’installer à l’étranger, elle se félicite en revanche d’attirer les entreprises étrangères sur son territoire.

Et le gouvernement s’est donc réjoui, mercredi, lors de la présentation du bilan 2011 des investissements étrangers en France*.

«Après une année 2010 exceptionnelle, 2011 a plus que résisté: la France a attiré 698 nouveaux investissements étrangers, ce qui a permis de préserver 5.000 emplois et d’en créer 23.000», a déclaré le ministre de l’Economie François Baroin

Il s’agit du deuxième meilleur résultat décroché par la France lors de ces dix dernières années.

Des investissements en recul sur un an

Si la France maintient son attractivité, celle-ci est tout de même en recul par rapport à 2010: 782 entreprises étrangères s’étaient alors installées sur le territoire national. Sur un an, la baisse est de 11%.

Cette régression est-elle liée à la crise des dettes souveraines? Difficile de l’affirmer. En effet, une implantation prend du temps, généralement de 12 à 18 mois. Nombre d’entreprises qui se sont installées en 2011 en France avaient donc pris leur décision avant le durcissement de la deuxième crise.

Le recul s’effectue surtout sur les entreprises d’origine européennes (-17%) et asiatiques (-9%). En revanche, les installations d’entreprises nord-américaines ont légèrement progressé (+ 3%). Les Etats-Unis retrouvent d’ailleurs leur position de premier pays d’origine, en représentant 21% de la totalité des nouveaux investissements étrangers.

Des investissements dans l’industrie

Si l’industrie est un secteur marqué par les délocalisations, la France attire tout de même les investisseurs étrangers dans ce domaine. François Baroin s’est d’ailleurs réjoui que l’Hexagone «soit la première destination européenne pour les investissements industriels».

En plus, ces derniers progressent : ils sont en hausse de 32% par rapport à 2010. Et ce, alors que leur part ne cessait de baisser depuis dix ans. Si les activités de production représentaient 50 % du total des projets installés en 2003, elles tombaient à seulement 30% en 2010.

En 2011, les Etats-Unis ont d’ailleurs beaucoup investi dans la production (+75% par rapport à 2010), et plus particulièrement dans les secteurs des médicaments et des biotechnologies, des équipements médicaux, de la chimie et de la plasturgie et des matériels aéronautiques et ferroviaires.

A noter que les filiales industrielles de groupes étrangers emploient le quart des effectifs de l’industrie en France.

*Ces chiffres présentés par l’Agence française pour les investissements internationaux portent sur les investissements physiques et non financiers

Un poids important

Selon l’Insee, les entreprises étrangères – il y a en a plus de 20.000 en France – emploient 13% des salariés français, réalisent 19% du chiffre d’affaires national et assurent 31% des exportations tricolores.