Air France se donne jusqu'au 30 juin pour négocier des gains de productivité

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Air France a indiqué mardi avoir signé avec les syndicats des différentes catégories de personnel des accords de méthodologie pour cadrer la renégociation d'un certain nombre d'accords d'entreprise et viser un gain de 20% "d'efficacité économique" sur l'ensemble de la compagnie
Air France a indiqué mardi avoir signé avec les syndicats des différentes catégories de personnel des accords de méthodologie pour cadrer la renégociation d'un certain nombre d'accords d'entreprise et viser un gain de 20% "d'efficacité économique" sur l'ensemble de la compagnie — Jacques Demarthon afp.com

Air France a indiqué mardi avoir signé avec les syndicats des différentes catégories de personnel des accords de méthodologie pour cadrer la renégociation d'un certain nombre d'accords d'entreprise et viser un gain de 20% "d'efficacité économique" sur l'ensemble de la compagnie.

"Ces accords portent sur les objectifs - notamment améliorer de 20% l'efficacité économique -, le calendrier et les principaux thèmes de la négociation", indique Air France, engagée dans un plan de redressement sur trois ans baptisé "Transform 2015".

"La signature de ces accords permet d'engager des négociations sur le fond visant à conclure un ensemble cohérent d'accords pour juin 2012", ajoute la direction dans un communiqué.

Le PDG Alexandre de Juniac avait mis deux options sur la table: dénoncer la quasi-totalité des accords d'entreprise, ce qui ouvre un délai de 15 mois pour en établir de nouveaux, ou convenir avec les syndicats d'un calendrier resserré et d'un périmètre pour renégocier certaines modalités.

Cette deuxième option a été choisie par plusieurs syndicats, qui ont signé les accords de cadrage et de méthodologie.

Chez les pilotes, le SNPL, très majoritaire (71%), a signé le texte, mais pas le Spaf, le 2e syndicat représentatif.

Chez les hôtesses et stewards, l'Unac, l'Unsa et le SNPNC/FO ont signé, soit 70% des personnels.

Enfin, pour le personnel au sol, la CGT n'a pas signé mais la CFDT, la CFE-CGC, FO et l'Unsa l'ont fait (60% de cette catégorie).

La compagnie Air France, qui a enregistré en 2011 quelque 800 millions de pertes, compte 50.000 salariés.

Un plan drastique sur trois ans a été engagé en janvier, mais au-delà des mesures immédiates (gel des salaires, des embauches, fermeture de lignes, etc.), M. de Juniac a dit vouloir revoir le modèle social, avant de présenter en juin des réformes plus structurelles.

Selon Jean-Louis Barber, président du SNPL Air France, "l'objectif est, sur le long courrier, de tendre vers les coûts de KLM et, pour le court et moyen courrier, d'étendre les accords +bases province+ partout où ce sera possible".

L'an dernier, une nouvelle organisation du travail, permettant des gains de productivité, a été mise en place pour des personnels désormais basés à Marseille. Ce schéma est actuellement étendu à Nice et Toulouse.

"Cet accord impose une comparaison avec KLM, Lufthansa, British Airways et notre objectif est de doter la compagnie d'une structure de coût compétitive", a ajouté Jean-Louis Barber.

Pour Julien Duboz (Spaf), "la direction demande 20% d'efficacité économique sans présenter de projet industriel, ce n'est pas acceptable". "On a combattu l'accord sur les bases province et là ils veulent l'étendre", a ajouté le pilote, inquiet de la gestion d'un sureffectif qu'il évalue à environ 200 pilotes.

Pour l'Unsa, "des pans importants des conventions actuelles sont conservés" et des conditions ont été posées: "absence de tout départ contraint", "maintien des niveaux conventionnels de rémunération" et "transparence et équité des mesures".

Le syndicat précise que quatre groupes de négociations vont être lancés: emploi et mutation, rémunération et carrière, temps de travail et congés, dispositions pour le personnel à l'étranger.

La CFDT appelle la direction à comprendre "l'urgence d'exemplarité et d'équité, l'exigence de transparence et de cohérence si elle veut retrouver la confiance des personnels".

Selon la CFDT, "augmenter l'efficacité de 20%" suppose notamment "une prise en compte de la réalité du travail des salariés et des dysfonctionnements auxquels ils sont confrontés" et "un vrai projet industriel et de développement".