La Grèce a reçu son premier chèque, le spectre de la faillite repoussé

EUROPE Athènes a reçu mardi de ses créanciers un premier versement...

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La Grèce a reçu mardi un premier versement de prêts de 7,5 milliards d'euros du nouveau plan de renflouement mis au point par ses créanciers de l'UE et du FMI pour lui éviter la faillite, a indiqué une source du ministère des Finances
La Grèce a reçu mardi un premier versement de prêts de 7,5 milliards d'euros du nouveau plan de renflouement mis au point par ses créanciers de l'UE et du FMI pour lui éviter la faillite, a indiqué une source du ministère des Finances — Philippe Huguen afp.com

La Grèce a reçu mardi de ses créanciers un premier versement de 7,5 milliards d'euros qui va lui permettre d'honorer ses échéances et éviter la faillite, et a réussi son premier test sur le marché obligataire depuis la restructuration d'une partie de sa dette.

Avant cette opération de désendettement, préalable à l'octroi d'une nouvelle aide financière de l'UE et du Fonds monétaire international, le pays était menacé de cessation de paiement ce mardi, à l'échéance d'obligations d'un montant de 14,4 milliards d'euros, qu'il n'aurait pas été en mesure de rembourser.

Le premier versement de 7,5 milliards, dont 5,9 milliards émanent de la zone euro et 1,6 milliard du FMI, «ira à la couverture des obligations» contractées par le pays, a indiqué une source au ministère des Finances, sans toutefois en préciser la répartition.

Les 5,9 milliards européens proviennent d'une première tranche de 39,4 milliards d'euros que la zone euro a débloquée la semaine dernière pour permettre au pays d'honorer ses échéances jusqu'à fin juin et servir à la recapitalisation des banques grecques.

Le FMI a de son côté avalisé mi-mars l'attribution au pays d'une nouvelle ligne de crédit globale de 18 milliards, sans préciser toutefois les étapes de son déboursement d'ici 2015.

La perspective d'un défaut de paiement éloignée

Si la date du 20 mars a longtemps fait figure d'échéance fatidique pour le pays, la réussite de l'opération d'échange de dette, inédite par son ampleur, a éloigné la perspective d'un défaut de paiement du pays, en ouvrant la voie le 14 mars au déblocage du deuxième plan de renflouement lui étant destiné, d'un montant final de 148 milliards d'euros.

Ce plan, qui devrait mettre le pays à l'abri du risque de faillite jusqu'en 2015, a été accordé en échange d'un durcissement des mesures de rigueur et de dérégulation imposées depuis 2010 et s'ajoute à une première perfusion de 110 milliards d'euros consentie en 2010.

1,3 milliard d'euros en bons du Trésor à trois mois au taux de 4,25%

Signe d'un relatif retour à la normale, la Grèce a par ailleurs levé mardi 1,3 milliard d'euros en bons du Trésor à trois mois au taux de 4,25% lors de la première émission réalisée après la restructuration d'une partie de sa dette souveraine.

Cette opération a permis à la Grèce d'effacer quelque 107 milliards de créances publiques détenues par ses prêteurs privés, via un échange d'obligations, dont l'essentiel a été conclu le 12 mars.

Le taux est ressorti en nette baisse par rapport à celui de 4,61% consenti lors de la dernière adjudication du même type, le 14 février, et l'émission a été souscrite plus de deux fois et demie.

La Grèce, qui procède tous les mois à de telles émission à court terme, n'est pas pour autant revenue sur les marchés financiers, dont l'accès lui est fermé depuis 2010 pour son financement à long terme, assurée à défaut par ses créanciers publics.

Prévision de déficit pour 2011 de 9,2% du PIB

Autre signe d'une légère amélioration de la situation, le gouvernement a rendu public mardi une prévision de déficit pour 2011 de 9,2% du PIB, après 10,6% en 2010. Non seulement le déficit est en baisse sur un an mais l'estimation est inférieure aux prévisions alarmantes d'un déficit autour de 10% qui circulaient fin décembre, laissaint craindre un grave dérapage.

Une série de mesures d'économies, adoptées en urgence sous la pression des créanciers de la Grèce, a notamment permis de redresser la barre.

Pour 2012, les derniers chiffres présentés en février font en revanche état d'une prévision de déficit public à 6,7% du PIB contre 5,4% initialement, en raison d'une récession plus importante que prévu en 2011 à plus de 6%.

Séance de ratification de l'accord de prêt entre Athènes et la zone euro

Le parlement grec a par ailleurs ouvert en fin d'après-midi une séance consacrée à la ratification de l'accord de prêt entre Athènes et la zone euro, qui a reçu la semaine dernière l'aval du gouvernement transitoire de coalition de Lucas Papademos.

Cette ratification, prévue tard dans la nuit, est considérée comme une formalité au vu de la confortable majorité dont dispose au parlement l'alliance gouvernementale, qui réunit socialistes et conservateurs grecs.