L'édition française veut garder Flammarion dans son giron

EDITION Actes Sud et Albin Michel associés, Gallimard, Média Participations. Ils montent tous au créneau...

avec AFP

— 

Actes Sud et Albin Michel associés, Gallimard, Média Participations: les éditeurs français se mobilisent pour empêcher que Flammarion, mis en vente par son actionnaire italien RCS Mediagroup, ne repasse entre les mains d'un concurrent étranger.
Actes Sud et Albin Michel associés, Gallimard, Média Participations: les éditeurs français se mobilisent pour empêcher que Flammarion, mis en vente par son actionnaire italien RCS Mediagroup, ne repasse entre les mains d'un concurrent étranger. — Mehdi Fedouach afp.com

Actes Sud et Albin Michel associés, Gallimard, Média Participations: les éditeurs français se mobilisent pour empêcher que Flammarion, mis en vente par son actionnaire italien RCS Mediagroup, ne repasse entre les mains d'un concurrent étranger.

Francis Esménard, Pdg d'Albin Michel, et Jean-Paul Capitani, directeur du développement d'Actes Sud, viennent d'annoncer sur le site internet de Livres Hebdo leur offre commune pour le rachat de la prestigieuse maison d'édition au groupe italien de presse et d'édition RCS Mediagroup, son propriétaire depuis 2000, qui a accusé une perte de 322 millions d'euros en 2011.

L'offre la plus logique

«Une vraie offre d'éditeurs indépendants, qui créerait un nouveau pôle éditorial important, selon Capitani. Un beau dossier qui permettrait aux deux éditeurs (quelque 230 millions d'euros de chiffre d'affaires réunis) de posséder leur propre outil de distribution», a estimé Esménard.

Pour Françoise Nyssen, présidente du directoire d'Actes Sud (60 millions d'euros de chiffres d'affaires), dont le capital est détenu à 27,7% par Flammarion, cette offre est «la plus logique qui soit de la part d'éditeurs indépendants ayant à coeur de défendre un outil de distribution de grande qualité qui doit persister».

«Nous sommes les seuls parmi les repreneurs à ne pas avoir d'outil de distribution». Le rachat «permettrait de préserver cet outil et de le développer avec les équipes de grande qualité qui sont en place chez Flammarion», a-t-elle souligné, interrogée mardi par l'AFP. «Face aux géants du secteur de l'édition et face à la concentration qui est un risque de perte de valeur, préserver la diversité, c'est très important et il est logique que Flammarion reste en France», a ajouté Nyssen.

RCS, qui détient aussi l'éditeur italien Rizzoli, le quotidien Corriere della Sera, le journal sportif la Gazzetta dello Sport et le journal espagnol El Mundo, a annoncé la semaine dernière avoir sélectionné «certains acquéreurs potentiels» dont il n'a toutefois pas dévoilé les noms.

Sept acquéreurs potentiels en lice

Dirigé par Teresa Cremisi, Flammarion (220,1 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2010 - hors éditeurs distribués par le groupe), compte des marques comme Casterman (Tintin) ou J'ai Lu, et possède un catalogue de quelque 27.000 titres, dont le Goncourt 2010 Michel Houellebecq. Il vend plus de 36 millions de livres par an pour environ 1.400 titres nouveaux chaque année. L'ensemble Flammarion/Actes Sud/Albin Michel se placerait à la troisième place de l'édition française derrière Hachette et Editis.

L'avenir de Flammarion intéresse aussi les éditions Gallimard qui se sont portées candidates au rachat début mars. Interrogée par l'AFP mardi sur l'offre concurrentielle d'Albin Michel/Actes Sud, la maison Gallimard s'est refusée à tout commentaire. La proposition de Gallimard aurait été «retenue» par les Italiens, affirme le quotidien Le Monde dans son édition de mercredi. «Les Italiens en ont simplement accusé réception», répond à l'AFP la maison d'édition.

Au total, sept acquéreurs potentiels seraient en lice, dont des fonds de pension, des éditeurs étrangers, le groupe américain HarperCollins et l'Italien Feltrinelli, et, outre Gallimard, Editis (qui appartient au groupe espagnol Planeta) et Média Participations (Fleurus, Dargaud, Dupuis...), selon des sources proches du dossier.

Le Fonds d'investissement stratégique (un des bras financiers de l'Etat français) a confirmé à l'AFP envisager de participer avec d'autres investisseurs au rachat de Flammarion et d'apporter son concours «à l'étude de la reprise de ce dossier au milieu d'autres investisseurs».