Comment les Français vont s'adapter pour partir en vacances malgré la crise

TOURISME Ils sont moins partis en 2011 qu'en 2010...

Mathieu Bruckmüller

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JEAN-PIERRE MULLER / AFP

Malgré la crise, une majorité de Français va tout faire pour partir en vacances cette année. «C’est un besoin vital pour 50% d’entre eux», explique Guy Raffour, l’auteur du dixième baromètre Opodo dévoilé ce mardi. Pour le satisfaire, alors que le pouvoir d’achat est sous pression avec la hausse des dépenses contraintes, ils doivent ruser et s’adapter.

Davantage de comparaisons

Plus que jamais, les consommateurs comparent les offres notamment grâce au Web. Ainsi, le nombre de sites consultés avant d’acheter sur Internet un voyage tourne autour de 7. « Le temps passé sur ces sites augmente», constate  Jérôme Laurent, directeur marketing d’Opodo France. D’ailleurs, 58% des Français qui sont partis l’an dernier ont préparé leur séjour en ligne et 42% l’ont même réservé et payé via ce canal.

Les personnes interrogées dans le cadre de l’étude souhaitent également se passer de plus en plus d’intermédiaires. Aujourd’hui, 6% des séjours en France se font via les tours opérateurs ou les agences de voyages contre 47% pour les séjours à l’étranger.

En 2012, les vacanciers seront vigilants côté portefeuille. Les restaurateurs doivent s’attendre à une baisse du chiffre d’affaires en provenance de cette clientèle. Idem pour les magasins de souvenirs. Un son de cloche corroboré par une récente enquête menée par CCM Benchmark Group selon laquelle 32% des sondés envisagent de moins dépenser pendant les vacances d’été que l’an dernier

Autre stratégie évoquée : rester davantage sur le territoire national plutôt que de voyager hors de nos frontières.

Cette année s’annonce donc comme très incertaine pour les professionnels du tourisme surtout avec les échéances électorales qui créée un attentisme au sein de la population.

Après l’embellie de 2010, l’année 2011 a vu le nombre de Français, âgés de 15 ans et plus, partir en vacances reculer de 2,2 millions pour atteindre 29,6 millions. Le taux de départ pour des courts séjours marchands et ou des longs séjours (supérieurs à quatre jours) a atteint 56%, contre 61% l’année précédente, selon le baromètre Opodo.

Hausse des départs pour les revenus les plus élevés

En effet, ce taux est corrélé aux revenus du foyer. Il baisse pour tous hormis la tranche supérieure: les Français dont le foyer perçoit plus de 3.000 euros de revenus mensuels, net avant impôt, sont partis à 86% en 2011 contre 80% en 2010. En revanche, ceux dont le revenu est compris entre 2.000 et 3.000 euros n’étaient que 63% à prendre le chemin des vacances contre 67% l’an dernier. Ce chiffre est descendu à 48%, contre 50% en 2010, pour les personnes qui émargent entre 1.000 et 2.000 euros. Enfin, seuls 30% dont le revenu est inférieur à 1.000 euros sont partis en 2011 (contre 33% en 2010).

«Comme chaque année, on constate que le taux de départ est très dépendant des revenus des foyers. Néanmoins, la tendance est d’autant plus marquée en 2011: l’écart se creuse nettement entre les Français situés dans la tranche de revenus supérieure et ceux dont les revenus sont plus modestes… Dans le secteur du tourisme, les révolutions arabes ont également impacté le marché avec une baisse des réservations sur ces destinations à bas prix plébiscitées par les revenus modestes», explique Jérôme Laurent.

Méthodologie:

Le baromètre 2012 a été réalisée en janvier-février, en face à face à domicile, auprès d'un échantillon de 1.002 personnes âgées de 15 ans et plus, avec l'application de la méthode des quotas croisés.