Metro malmené par la crise européenne en 2011, sans grand espoir pour 2012

© 2012 AFP

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Le géant allemand de la distribution Metro a vu ses bénéfices reculer en 2011, durement touché comme son concurrent français Carrefour par la crise de la dette en Europe, et n'entrevoit guère d'amélioration cette année.
Le géant allemand de la distribution Metro a vu ses bénéfices reculer en 2011, durement touché comme son concurrent français Carrefour par la crise de la dette en Europe, et n'entrevoit guère d'amélioration cette année. — Patrik Stollarz afp.com

Le géant allemand de la distribution Metro a vu ses bénéfices reculer en 2011, durement touché comme son concurrent français Carrefour par la crise de la dette en Europe, et n'entrevoit guère d'amélioration cette année.

"La crise de la dette, un chômage élevé et des programmes d'austérité dans de nombreux pays d'Europe ont conduit à une retenue marquée des clients", a expliqué le groupe.

Mêmes causes, mêmes effets, Carrefour avait annoncé au début du mois une chute de ses bénéfices, imputable entre autres aux difficultés rencontrées sur les marchés d'Europe du Sud.

Metro, l'un des plus gros groupes de distribution du monde aux côtés du français, de l'américain Wal Mart et du britannique Tesco, est lui aussi présent dans pratiquement tous les pays d'Europe, y compris en Grèce, et avait dès janvier fait état d'une baisse de son chiffre d'affaires de 0,8% l'an dernier, à 66,7 milliards d'euros. Il est ainsi l'un des grands groupes allemands qui souffre le plus directement de la crise de la dette qui a embrasé l'Europe.

Son bénéfice d'exploitation Ebit avant exceptionnels, étalon de ses prévisions, s'est établi à 2,37 milliards d'euros, en baisse de 1,7%; le bénéfice net part du groupe a atteint 631 millions d'euros, en chute de 26%.

"Ce n'était pas une année facile", a reconnu lors d'une conférence de presse le patron Olaf Koch.

Sur les quatre divisions -les hypermarchés de gros Metro Cash & Carry, les supermarchés Real, les grands magasins Kaufhof et les chaînes d'électronique Saturn et Media Markt-, seule la première a très légèrement augmenté ses ventes (+0,2%).

Au niveau des bénéfices, le tableau est sensiblement le même: Metro Cash & Carry fait bonne figure (Ebit +4%), Real s'est maintenu, les deux autres divisions ont vu leur profitabilité baisser.

Pour cette année, "je n'ai pas beaucoup d'espoir que la situation s'améliore dans nos régions", a prévenu M. Koch. Le groupe mise certes sur une hausse du chiffre d'affaires mais une progression "contenue" des bénéfices sur fond de "difficultés macroéconomiques" persistantes. Son bénéfice d'exploitation Ebit hors exceptionnels devrait rester stable.

Fin 2012, un programme de réduction de coûts en cours depuis plusieurs années va prendre fin. Mais "je suis persuadé que nous n'avons pas épuisé notre potentiel", a déclaré M. Koch. Metro veut poursuivre ses efforts de réorganisation, en se concentrant notamment sur l'expansion et la compétitivité de Metro Cash & Carry d'un côté, et Media Markt et Saturn de l'autre.

Cette perspective satisfaisait la Bourse, qui avait de toute façon anticipé les piètres résultats et préférait regarder vers l'avenir. A 10H35 GMT l'action prenait 1,46% à 31,32 euros, nettement en tête de l'indice Dax à Francfort.

Metro Cash & Carry va continuer à ouvrir de nouveaux magasins, surtout en Europe de l'Est et en Asie. Media Markt et Saturn, qui avaient raté le coche du commerce en ligne ces dernières années, vont pour leur part poursuivre leur offensive lancée l'an dernier dans ce domaine.

Real et Kaufhof n'ont pas vocation à rester dans le giron du groupe à terme, même si leur sort n'est toujours pas scellé.

Real était jusqu'à présent sous la responsabilité d'un Français, Joël Saveuse, dont Metro a annoncé mardi le départ au 31 mars. M. Saveuse, un ancien de Carrefour, avait des vues sur le poste de numéro un, échu finalement en fin d'année dernière à M. Koch.