Suicides: La poste promet plus de dialogue

SOCIAL Les syndicats ont exprimé leur déception après les annonces de la direction ce lundi...

Delphine Bancaud

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Jean-Paul Bailly , le PDG du groupe La Poste, a annoncé la nomination d'une médiatrice.
Jean-Paul Bailly , le PDG du groupe La Poste, a annoncé la nomination d'une médiatrice. — CHAMUSSY/SIPA

Un signe d'apaisement en direction des salariés et des syndicats. Après plusieurs suicides de salariés du groupe, le PDG de La Poste, Jean-Paul Bailly, a annoncé ce lundi dans un communiqué «quatre décisions». La semaine dernière, il avait rencontré les organisations syndicales pour entendre leurs revendications.

Les réorganisations ne sont pas suspendues


«Un grand dialogue sur la vie au travail» sera donc lancé tant au niveau social que local jusqu'à la mi-septembre, ainsi qu'une série de négociations avec les organisations syndicales qui donneront lieu à «une série de mesures concrètes» arrêtée d'ici au 30 avril.

Autres annonces: la nomination d'une médiatrice de la vie au travail, qui aura «un pouvoir de décision sur les situations personnelles» et le report à la mi-septembre du projet d'actionnariat des salariés, contesté par les syndicats.

En revanche, Jean-Paul Bailly a précisé qu'aucune suspension des réorganisations du groupe n'était prévue: «L'adaptation de l'entreprise ne peut s'arrêter. Il ne s'agit donc pas de faire une pause.»

Les syndicats sceptiques

Des propos qui n'ont pas rassuré les syndicats, lequels dénoncent depuis plus d'un an le malaise social dans le groupe. «Nous sommes sceptiques par rapport à ces annonces. On se se demande si la direction a pris la mesure de ce qui se passe dans le groupe», a indiqué à 20 Minutes Bernard Dupin, administrateur CGT de La Poste. «On attendait des actes concrets et rapides. Là, on a l'impression d'une forme d'attentisme, car Jean-Paul Bailly ne veut pas remettre en cause la stratégie du groupe», insiste-t-il.

De son côté, la fédération SUD-PTT a dénoncé dans un communiqué «quatre misérables mesurettes» et a annoncé son intention de saisir le gouvernement: «Ce dernier, actionnaire principal, déjà alerté en mai 2011, ne peut plus rester silencieux», a-t-il conclu. En conséquence, les syndicats risquent fort de hausser le ton lors des prochaines négociations avec la direction du groupe.