Une filière hydrolienne émerge en France

ENERGIE Après les éoliennes offshore, le gouvernement veut développer cette deuxième filière industrielle française des énergies marines renouvelables...

Céline Boff

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L'une des quatre hydroliennes du parc EDF construites par DCNS.
L'une des quatre hydroliennes du parc EDF construites par DCNS. — L. LE SAUX / SIPA

Ces tubrines installées dans les profondeurs des mers pour capter les courants marins et produire de l'électricité sont le nouveau cheval de bataille du gouvernement.

«Aujourd'hui, les conditions sont réunies pour faire émerger cette deuxième filière industrielle française des énergies marines renouvelables», a insisté, lundi, le ministre de l'Industrie, Eric Besson.

Des réalisations sont déjà en cours, notamment l'installation par EDF Energies Nouvelles d'un parc de quatre hydroliennes au large des Côtes-d'Armor, en Bretagne, qui sera opérationnel en 2013. Une usine devrait également voir le jour en 2014 à Cherbourg pour produire un millier de turbines. Elle pourrait créer 1 000 emplois.

Les perspectives sont plus que prometteuses, selon le Groupement des industries de construction et activités navales (Gican), qui vient de réaliser une cartographie de cette filière naissante.

Des milliers d'emplois à la clé

Les professionnels évoquent le chiffre de 11 000 postes créés à terme dans les énergies marines renouvelables, en plus des 10.000 prévus dans l'éolien offshore. L'enjeu à présent, c'est d'aller vite. Surtout plus vite que les concurrents européens, et notamment écossais. Pour Frédéric Le Lidec, responsable des énergies marines chez DCNS, entreprise qui veut devenir leader sur ce segment, «le lancement d'un appel d'offres par le gouvernement courant 2012 tomberait à point nommé». Mais le gouvernement justement ne l'envisage que dans les deux ans. Le temps d'étudier les solutions techniques proposées par les industriels, ainsi que les conditions de raccordement au réseau national. Reste la question du coût. Si le prix de l'énergie hydrolienne devrait être inférieur à celui de l'éolien off­shore, il sera supérieur à celui du kWh nucléaire.