Internet en France: Un moteur économique en sous régime?

EMPLOI Une étude du groupe Email-Brokers révèle que 300.000 emplois pourraient être crées dans ce secteur si les pouvoirs publics se mobilisaient...

Claire Planchard

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Seulement 37% des entreprises françaises ont un site Internet selon Email-Brokers.
Seulement 37% des entreprises françaises ont un site Internet selon Email-Brokers. — CLOSON DENIS/ISOPIX/SIPA

Seules 37% des entreprises françaises ont aujourd’hui un site internet professionnel: c’est le bilan peu reluisant de l’étude dévoilée jeudi par le spécialiste de l’email-marketing Email-Brokers.

Cette enquête dresse une cartographie des 4,9 millions de numéros SIRET enregistrés en France et des url professionnelles disponibles. «Cela place la 2e puissance économique européenne au 10e rang européen», s’agace le PDG d’Email-Brokers William Vande Wiele.

Internet encore considéré comme un gadget?

En termes d’e-business, les performances françaises sont également décevantes: «le e-commerce représente seulement 3,7% du PIB alors qu’en Grande-Bretagne, aux Pays-Bas ou en Suède cette part atteint entre 6 et 9%», assure l’entrepreneur qui déplore un moteur économique «sous-exploité».

«En France Internet est encore considéré comme un gadget pour les entreprises alors que tout démontre c’est un outil de développement» assure-t-il en brandissant une récente étude de la Commission européenne qui estime que l’économie de l’Internet crée 2,6 emplois pour chaque poste «hors ligne» perdu.

Au total, Willam Vande Wiele évalue que 300.000 emplois pourraient être crées dans le pays si le commerce en ligne se développait à la mesure de l’économie française. Un essor qui nécessite selon lui un véritable effort de formation des collégiens et de séniors aux métiers de l’Internet.

Un enjeu de formation crucial

Ce chiffre impressionnant est difficilement vérifiable mais il rejoint le diagnostic dressé le mois dernier par la Syntec Numérique: Dans ses «10 propositions pour les candidats à la présidentielle», la chambre professionnelle des métiers du numérique préconisait  la création d’une filière de formation aux métiers du numérique. Une mesure qui permettrait «une création sur 5 ans de 50.000 emplois supplémentaires ciblant les jeunes et les reconversions professionnelles».

Pour le patron d’Email-Brokers c’est un préalable indispensable pour que l’offre de services Internet gagne en qualité et surtout que les prix de la conception et de l’animation des sites diminue: «Aujourd’hui l’offre et la demande sont totalement démesurées: bien faire référencer son site coûte trop cher en France, certaines agences travaillent comme des rigolos et proposent pour 2.000 euros des sites que même Google ne reconnaitrait pas! C’est totalement discriminatoire pour les petites entreprises et c’est possible parce qu’il n’y a en France aucune norme encadrant la mise en ligne de sites internet» s’emporte-t-il. Et d’appeler les candidats à la présidentielle à prendre la mesure de l’enjeu: «Internet, ce n’est pas Star Trek, ni même les métiers de demain, ce sont les emplois de 2012!»