Pour exporter, les PME doivent être sur Internet

COMMERCE Ubifrance lance un nouveau site pour aider les entreprises...

Céline Boff

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Capture d'écran du site You buy France.
Capture d'écran du site You buy France. — DR

«En matière de commerce extérieur, la France est en retard, nous voulons qu’elle prenne à présent un coup d’avance.» En lançant mercredi You Buy France, un nouveau site destiné à promouvoir l’offre des entreprises françaises à l’étranger, le directeur général d’Ubifrance Christophe Lecourtier sait bien l’ampleur de la tâche qui l’attend.  

Créer des contacts via Internet

Seulement 100.000 PME françaises exportent, essentiellement sur le territoire européen, contre 400.000 en Allemagne. Il n’existe pourtant, selon Christophe Lecourtier, «aucun problème de demande. Les PME françaises pourraient vendre quatre à cinq fois plus qu’elles ne le font actuellement. La difficulté, c’est de mettre en relation ces entreprises avec les opérateurs étrangers». Pour initier ces contacts, puis les maintenir dans la durée, Internet apparaît comme LA solution.

Accessible depuis la page d’accueil du site Ubifrance.fr, You buy France se présente comme un catalogue en ligne des produits et des services français. Il est destiné aux PME déjà exportatrices ou qui souhaitent le devenir.

Pierre Lellouche, secrétaire d’Etat chargé du commerce extérieur, en est convaincu: «Internet doit être une stratégie de développement des PME à l’international. Mais toutes n’ont pas la possibilité d’être sur le web. Grâce à You buy France, elles deviennent plus visibles et vont ainsi trouver de nouveaux débouchés à l’export.»

Modèle chinois

Si l’utilisation professionnelle d’Internet et des outils web 2.0 reste timide en France, ce n’est pas le cas à l’étranger, a fortiori dans les pays à très forte croissance, comme la Chine. Là-bas, «Internet est extrêmement viral», affirme le responsable du bureau Ubifrance de Pékin, «une PME que nous suivons a récemment conclu une affaire avec un opérateur chinois par le seul intermédiaire de Linkedin. Il est vraiment possible de nouer des partenariats commerciaux par ce biais.»

Hassan, jeune entrepreneur français installé à Pékin, peut en témoigner. Il a fait l’effort de s’adapter aux outils et aux usages chinois de l’Internet, et il ne le regrette pas: «Je conclus régulièrement des affaires avec des clients que je n’ai jamais rencontrés. Nous nous contactons uniquement via QQ, le système de chat chinois. Je leur fais mes propositions, ils me passent commandent puis règlent leurs factures. Tout se passe sans que je sache à quoi ils ressemblent, sans avoir leur numéro de téléphone et parfois même sans savoir où ils sont installés. Pour un Français comme moi, c’est hallucinant de passer des contrats de cette manière, mais ça fonctionne ainsi.»

L’Internet en Chine

Pour pénétrer le marché chinois, il est capital de renforcer sa présence sur Internet. Mais attention: si Linkedin est accessible en Chine, ce n’est pas le cas de la plupart des réseaux et autres moteurs de recherche couramment utilisés en Occident. La Chine a en effet développé ses propres outils. «Les Chinois utilisent Internet d’abord entre eux, il est donc important d’être présent sur ces sites, et en langue chinoise», insiste le responsable du bureau Ubifrance de Pékin. Un obstacle qui peut être levé facilement en s’entourant des bonnes compétences.