Crise grecque: Athènes annonce le succès de l'échange volontaire de dette

CRISE Le ministère des Finances grec a annoncé vendredi que 83,8% des créanciers privés avaient accepté l'opération...

C.P. avec Reuters

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Manifestation devant le Parlement à Athènes le 19 février 2012.
Manifestation devant le Parlement à Athènes le 19 février 2012. — Petros Giannakouris/AP/SIPA

La Grèce et la zone euro peuvent souffler. Après un long suspense sous haute tension, Athènes a annoncé dans un communiqué publié à l'issue de la clôture de l'offre jeudi soir, que 83,5% des créanciers privés ont participé à l'échange de dette, apportant 85,8% des obligations de droit grec qu'ils possèdent (172 milliards d’euros), mais seulement 69% des créances de droit international.

Prenant acte de cette participation supérieure aux 75% minimum requis, mais inférieur au seuil de 90% souhaité, Athènes a informé ses partenaires internationaux qu'elle avait l'intention de mettre en œuvre les clauses d’actions collectives à l'adresse de tout détenteur d'obligations grecques relevant du droit grec.

Grâce à cette activation qui contraindrait les créanciers réticents à échanger leurs titres, le taux de participation  devrait atteindre 95,7%. Par ailleurs, Athènes prolongé jusqu'au 23 mars l'offre d'échange pour les obligations ne relevant pas du droit grec.
 

 

«Une bonne nouvelle, un beau succès»

Les réactions ne se sont pas fait attendre. Vendredi matin, L'Ifi, l'organisme qui a négocié cet échange au nom des créanciers privés de la Grèce, a salué cette annonce : «Les résultats de l'échange de dette, et la réduction connexe et sans précédent du nominal de la dette grecque détenue par des créanciers privés, sera le catalyseur du soutien financier du secteur public au nouveau programme de réformes triennal de la Grèce», pouvait-on lire dans un communiqué.

Parallèlement, des responsables de l'ISDA (International Swaps and Derivatives Association) doivent se réunir à 14h00 vendredi pour juger si l'échange de dette constitue un «événement de crédit» et justifie le paiement des «credit default swaps» (CDS), ces instruments de garantie contre un défaut de remboursement. En cas de décision positive, le montant des CDS à payer serait légèrement supérieur à trois milliards de dollars (2,3 milliards d'euros).

Téléconférence de l'Eurogroupe dans l'après-midi

Le ministre français de l'Economie, François Baroin, a quant à lui a salué vendredi «une bonne nouvelle, un beau succès» : «Cela nous permet de rester à la fois sur une base volontaire qui évite le défaut, donc le risque de faillite pour la Grèce, qui nous permet d'atteindre tous les objectifs que nous nous étions fixés», a-t-il déclaré sur RTL.

A Berlin, le ton est moins enthousiaste : Le ministère des finances allemand estime que la troïka (UE, BCE, FMI) doit évaluer à présent si le pourcentage de participation est suffisamment élevé pour répondre aux critères de l'Eurogroupe. Ajoutant que ce dernier décidera vendredi  lors d'une téléconférence de la suite à donner avec la Grèce. En ligne de mire : le déblocage des 130 milliards d’euros d’aides négociés le 21 janvier dernier.