Carrefour se prépare à une nouvelle année difficile

DISTRIBUTION En 2011, le groupe a été plombé par ses mauvaises performances en France et en Europe du sud...

M.B.

— 

Une enseigne Carrefour en avril 2011.
Une enseigne Carrefour en avril 2011. — SOLAL/SIPA

Carrefour dans la tourmente. Lars Olofsson, le patron du numéro deux mondial du secteur de la distribution derrière l'Américain Wal-Mart, a du se résigner à mettre de côté son bébé, le projet Planet qui avait pour but de ramener les clients dans les hypermarchés, avec de nouveaux espaces spécialisés (beauté, mode, marché, produits électroniques…), notamment en France où ses parts de marchés ne cessent de baisser.

Planet gelé

Cet ambitieux projet lancé à l’automne 2010 devait concerner 503 supermarchés pour un coût de 1,5 milliards d’euros. Il avait déjà été revu à la baisse en août dernier. A la fin 2011, on comptait 81 Carrefour Planet, représentant environ 10% des ventes du groupe. Cette année, 11 magasins seront transformés. Ensuite le déploiement sera purement et simplement suspendu.

Même si les performances des magasins Planet sont supérieures aux magasins non convertis, les résultats sont inférieurs aux attentes, principalement en raison de conditions macro‐économiques exceptionnelles en Europe du Sud affectant les ventes non‐alimentaires et de problèmes opérationnels en France, souligne la société.

Un nouveau patron

Ce coup d’arrêt sonne comme un camouflet pour l’ancien numéro deux de Nestlé qui après trois ans à la tête de Carrefour va céder son fauteuil à Georges Plassat, patron de Vivarte (André, Minelli, La Halle aux vêtements, Kookaï, Naf-Naf) le mois prochain.

Pour sa dernière présentation de résultats annuels ce jeudi à la tête de l’enseigne, Lars Olofsson a fait état d’une baisse de 19% du résultat opérationnel. Excepté l’Amérique latine (+27,5%), le résultat est dans le rouge partout. La chute atteint 32,4% en France, 28% en Europe et 9,7% en Asie pénalisée par la Chine.

«Les résultats sont mauvais comme attendu. L’ampleur du redressement à accomplir est très importante et nous pensons qu’une année n’y suffira pas», souligne un analyste.

Dans un contexte aussi incertain, Carrefour ne s’est pas aventuré à faire de prévision pour 2012. Une chose est sûre, il va tout faire pour protéger sa trésorerie. Outre la suspension de Planet, le groupe a annoncé une réduction des coûts de 400 millions d’euros pour 2012 après 449 millions d’euros cette année et la division par deux de son dividende. Un geste qui illustre «à la fois l’attente d’une année difficile et la volonté d’adopter une stricte discipline tant financière qu’opérationnelle», explique un analyste. Pour ce dernier, il s’agit d’un signal clair sur «la volonté de prendre les problèmes à bras le corps.

La place de leader en France en jeu

En France, cela passera par un effort accru sur la  réduction des écarts de prix avec ses principaux concurrents, notamment Leclerc. Et sur l’accélération du drive et du e-commerce  où il accuse un retard important. Carrefour n’a plus de temps à perdre s’il veut rester le leader dans l’Hexagone. En effet, Leclerc entend bien lui ravir sa place d’ici 2015.