Les secteurs industriels qui défient la crise

ECONOMIE La météo est au beau fixe pour la chimie et la pharmacie. En revanche, la distribution et le transport aérien trinquent...

M.B.

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Les perspectives ne sont pas favorables pour les équipementiers automobiles français
Les perspectives ne sont pas favorables pour les équipementiers automobiles français — CHAUVEAU/SIPA

Un peu d’optimisme dans un climat économique bien sombre. Une étude réalisée par l’assureur-crédit Euler Hermès, publiée ce jeudi dans Le Figaro, fait le point sur la santé de 16 secteurs industriels dans le monde.

Demande des pays émergents

Bonne nouvelle, certains secteurs comme la chimie ont le vent en poupe. Celle-ci après s’être restructurée a affiché de solides résultats l’an dernier. « Les BASF, Bayer, Solvay-Rhodia et Arkema ont réussi à répercuter la hausse des prix du pétrole. Ils sont portés par la demande des pays émergents alors que leurs concurrents chinois souffrent. Ces derniers proposent des produits avec moins de valeur ajouté», souligne Marc Livinec, analyste chez Euler Hermès.

Son de cloche similaire pour les équipementiers automobiles français qui ont su se diversifier depuis 2008 pour réduire leur dépendance aux constructeurs hexagonaux.

La pharmacie a aussi de quoi voir l’avenir avec le sourire. «Les laboratoires ont affiché de meilleurs résultats qu’attendus en 2011. Ce secteur industriel est l’un des plus rentables avec un taux de marge de l’ordre de 22%», note Marc Livinec.

Météo maussade

En revanche, la météo est plus maussade pour la distribution, frappée de plein fouet par la réduction des dépenses des consommateurs. Récemment Serge Papin, le patron de l’enseigne Système U nous indiquait tabler sur un recul de la consommation de 1%. De son côté Carrefour, qui a présenté ce jeudi un résultat opérationnel en baisse de 19% l’an dernier a pâti de la dégradation de l'économie liée à la crise de la dette en France et dans le sud de l’Europe.

Idem dans le transport aérien qui est confronté à une facture énergétique de plus en plus lourde. En 2011, la facture carburant d’Air France, deuxième poste de dépenses après les coûts de personnels, s'est élevée à 6,438 milliards d'euros. Une augmentation de 904 millions (+16,3%) et qui devrait encore augmenter de 1,1 milliard cette année en raison de la remontée du cours du baril de brut au-dessus des 100 dollars depuis février, conjuguée à un raffermissement de l'euro face au dollar.

Les entreprises françaises et allemandes dans le même bateau

Comparé à notre voisin allemand, les entreprises françaises font face aux mêmes conditions climatiques. «Il y a autant de soleils que de nuages mais ce ne sont pas les mêmes secteurs qui sont concernés. La France occupe de bonnes positions dans l’agroalimentaire, alors que l’Allemagne est en meilleure position dans les semi-conducteurs et les biens d’équipement», analyse Didier Moizo, analyste chez Euler Hermès.