Air France-KLM dans le rouge en 2011, plombé par la facture kérosène

TRANSPORT La perte nette se chiffre à 809 millions d'euros...

M.B. avec agences

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Le groupe franco-néerlandais Air France-KLM a plongé dans le rouge l'an passé avec une perte nette de 809 millions d'euros, sous l'effet notamment d'une augmentation substantielle de la facture carburant qui s'alourdira encore cette année.
Le groupe franco-néerlandais Air France-KLM a plongé dans le rouge l'an passé avec une perte nette de 809 millions d'euros, sous l'effet notamment d'une augmentation substantielle de la facture carburant qui s'alourdira encore cette année. — Eric Piermont afp.com

2011 aura été un mauvais cru pour Air France-KLM. Le groupe franco-néerlandais a plongé dans le rouge l'an passé avec une perte nette de 809 millions d'euros.

«L'année 2011 a été difficile pour le groupe en raison d'une conjoncture incertaine combinée à une forte augmentation du prix du pétrole», résume le président Jean-Cyril Spinetta.

Les troubles au Maghreb, les guerres civiles en Afrique et le tremblement de terre au Japon «ont profondément désorganisé notre réseau», a-t-il souligné jeudi, avec des conséquences toujours sentibles.

Hausse de 16,3% de la facture carburant

La facture carburant, deuxième poste de dépenses après les coûts de personnels, s'est élevée, à fin 2011, à 6,438 milliards d'euros, soit une augmentation de 904 millions (+16,3%) et elle devrait encore augmenter de 1,1 milliard cette année en raison de la remontée du cours du baril de brut au-dessus des 100 dollars depuis février, conjuguée à un raffermissement de l'euro face au dollar.

Pour autant, le groupe, qui a en outre accusé une perte d'exploitation de 353 millions d'euros, a pour «priorité absolue» de stabiliser en 2012 sa dette nette à 6,5 milliards d'euros.

Pertes supérieures qu'anticipées

Les pertes annoncées sont supérieures à celles anticipées par les analystes qui tablaient sur une perte d'exploitation de 241,5 millions d'euros, selon des données compilées par l'agence Bloomberg, et une perte nette de 650 millions d'euros, selon une estimation médiane d'analystes financiers.

Pour la première fois depuis sa création en 2004, le groupe publiait ses résultats suivant une année calendaire. Mais comme à l'accoutumée, il n'a pas divulgué les résultats par compagnie.

Selon des chiffres proforma, Air France-KLM avait dégagé en 2010 un bénéfice net de 289 millions d'euros et un bénéfice d'exploitation de 28 millions, liés à une plus-value exceptionnelle. Dans un contexte incertain et avec un pétrole toujours plus cher, Air France-KLM estime que le résultat d'exploitation du premier semestre sera moins bon que celui de 2011.

«En revanche, le second semestre devrait enregistrer l'impact positif des premières mesures du plan à trois ans», souligne le groupe.

Plan triennal

Pour retrouver de la compétitivité, Air France-KLM a initié un plan triennal, baptisé Transform 2015.

Annoncé en janvier, ce plan (2012-2015) vise à réduire l'endettement de deux milliards à fin 2014, à améliorer la productivité du groupe et le retour à l'équilibre de l'activité moyen-courrier à fin 2014, réseau sur lequel Air France est particulièrement concurrencée par les compagnies à bas coûts.

Pour cette seule activité, la perte du groupe s'est élevée à 700 millions d'euros l'an passé.

En dépit de ces résultats négatifs, les dirigeants se montrent confiants, relevant un chiffre d'affaires annuel en hausse de 4,5% à 24,36 milliards d'euros. «Nos liquidités restent à un niveau confortable. Nous disposons d'une trésorerie de 2,9 milliards d'euros et d'une ligne de crédits de plus d'1,8 milliard», a en outre souligné Jean-Cyril Spinetta qui a ajouté: «Nous avons une situation de trésorerie confortable pour envisager l'avenir avec gravité mais aussi sérénité». Le PDG d'Air France, Alexandre de Juniac, s'est dit, lui, convaincu de ramener la compagnie à l'excellence, soulignant que les mesures d'économie ne concerneraient ni les services aux clients, ni la sécurité.

Les dirigeants doivent présenter au printemps le second volet du plan triennal destiné cette fois à restructurer en profondeur le groupe. «Nous devons retrouver une ambition pour le groupe Air France-KLM. L'effort de productivité (demandé aux salariés) doit assurer l'emploi stable», a-t-il dit,