Les conseils d'administration se féminisent

PARITE En un an, la loi Copé-Zimmermann a déjà porté ses fruits...

Delphine Bancaud

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"Il ne faut pas être naïf, cela veut dire qu'il n'y a pas de volonté politique, pour des sanctions, il faut une loi", affirme à l'AFP Marie-Jo Zimmermann, députée UMP, dont la proposition de loi sur la place des femmes dans les instances dirigeantes des entreprises a été jugée jeudi par M. Hortefeux "trop en avance".
"Il ne faut pas être naïf, cela veut dire qu'il n'y a pas de volonté politique, pour des sanctions, il faut une loi", affirme à l'AFP Marie-Jo Zimmermann, députée UMP, dont la proposition de loi sur la place des femmes dans les instances dirigeantes des entreprises a été jugée jeudi par M. Hortefeux "trop en avance". — Olivier Laban-Mattei AFP/archives

«Les femmes sont en train d'entrer dans un lieu sacré», s'est réjouie mercredi Marie-Jo Zimmermann, députée UMP de Moselle, qui établissait un premier bilan de la loi Copé-Zimmermann, entrée en vigueur il y a un an. Celle-ci vise à une représentation équilibrée des femmes et des hommes au sein des conseils d'administration (CA) et de surveillance. Ainsi, les sociétés cotées et celles employant au moins 500 salariés, avec un chiffre d'affaires d'au moins 50 millions d'euros, devront compter au moins 20% de femmes d'ici à 2 014 et au moins 40% d'ici à 2 017.

De l'avance sur l'objectif de 2014

«La première étape a déjà été franchie, car la part des femmes dans les conseils d'administration et de surveillance dans les entreprises du CAC 40 a doublé au cours des deux dernières années et s'établissait à 20,8% fin 2011», indique Marie-Jo Zimmermann. L'objectif fixé pour 2014 est donc d'ores et déjà atteint. Selon une étude de l'OCDE parue lundi dernier, la France se situe ainsi au troisième rang des pays de l'OCDE où le pourcentage de femmes au sein des CA des plus grandes entreprises est le plus élevé, derrière la Norvège et la Suède. «La difficulté sera de faire monter ce quota de 20 à 40%», anticipe la députée UMP. Pour y parvenir, les entreprises vont être amenées à pousser certains administrateurs vers la sortie pour les remplacer par des femmes. Un exercice on ne peut plus délicat…

Un guide

Le guide Administrateure au féminin, publié mercredi par le réseau European Professionnal Women's Network et l'Essec, indique la marche à suivre aux femmes souhaitant intégrer un conseil d'administration. Avec le détail des droits et des devoirs de l'administrateur, sa responsabilité juridique...