L'épargne retraite, toujours une affaire d'hommes?

JOURNEE DE LA FEMME Alors que le montant de leurs pensions reste nettement inférieur à celui des hommes, les femmes peinent encore à épargner pour préparer leur retraites...

Claire Planchard

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Au salon Actionaria consacré à l’investissement en bourse à Paris, en novembre 2011.
Au salon Actionaria consacré à l’investissement en bourse à Paris, en novembre 2011. — CHAMUSSY/SIPA

Des femmes altruistes qui privilégient la transmission de leur patrimoine à leurs enfants plutôt que la préparation de leurs vieux jours: cette image d’Epinal de la «mère courage» ne plaira sans doute pas aux plus féministes. Pourtant, l'édition 2012 de l’étude mondiale d’HSBC «La retraite une affaire de famille» la confirme.

38% des Françaises sans aucune épargne retraite

«Ce que montre cette étude réalisée dans 17 pays auprès de 17.000 personnes, c’est que les femmes sont plus vulnérables par rapport à la retraite, notamment parce qu’il y a toujours une répartition sexuée de la gestion financière au sein du ménage, avec des hommes davantage tournés vers le futur et les grandes dépenses comme l’épargne retraite, tandis que les femmes s’occupent plus des dépenses quotidiennes ménagères et de santé», souligne le président de HSBC Assurances, Jean-Pierre Wiedmer.

Résultat: 38% des Françaises n’ont aujourd’hui aucune épargne retraite. Et quand elles font des placements, leur aversion au risque les poussent à choisir «des placements extrêmement sûrs avec des profils de risque très bas mais aussi des rendements moindres, comme le livret A ou l’assurance vie en fonds euros», explique Jean-Pierre Wiedmer.

Des écarts de pensions persistants

Cette impréparation est d’autant plus dommageable que les pensions des femmes restent encore nettement inférieures à celles perçues par les hommes. En 2008, les pensions en droit propre des femmes à la retraite (nées avant 1944) ne représentaient que 48% de celles des hommes, selon une étude de l’Insee publiée ce jeudi. Un écart qui devrait se réduire au fil des générations mais persistera pour atteindre 70% pour les générations nées dans les années 1950 puis 80% pour celles nées dans les années 70.

En tête des facteurs explicatifs: un taux d’activité inférieur, un emploi à temps partiel plus fréquent mais surtout des salaires plus bas que ceux des hommes. A l’avenir, avec la montée de l’activité féminine,l’écart de rémunération devrait même devenir le premier facteur d’inégalité dans les montants des retraites, selon l’Insee. Des perspectives plutôt sombres qui devraient pousser les femmes les plus prudentes à prendre leur épargne retraite en mains.