Grèce: Les petits porteurs entrent en résistance contre l'échange de dette

avec AFP

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Qu'ils aient opté pour une valeur refuge patriotique ou fait les frais de la créativité comptable de l'Etat, les petits détenteurs grecs d'obligations sont entrés en résistance contre l'opération d'échange de dette qui lamine leurs budgets familiaux après deux ans d'austérité.
Qu'ils aient opté pour une valeur refuge patriotique ou fait les frais de la créativité comptable de l'Etat, les petits détenteurs grecs d'obligations sont entrés en résistance contre l'opération d'échange de dette qui lamine leurs budgets familiaux après deux ans d'austérité. — Louisa Gouliamaki afp.com

Qu'ils aient opté pour une valeur refuge patriotique ou fait les frais de la créativité comptable de l'Etat, les petits détenteurs grecs d'obligations sont entrés en résistance contre l'opération d'échange de dette qui lamine leurs budgets familiaux après deux ans d'austérité.

«Il n'est pas normal que nous passions deux fois à la caisse»

«Nous souhaitons le succès du PSI», du nom donné à la gigantesque opération internationale en cours portant sur l'effacement de 106 milliards d'euros de créances grecques, «mais il n'est pas normal que nous passions deux fois à la caisse, comme contribuable et comme épargnant», s'agace l'économiste Iannis Marinopoulos, l'un des quelque 11.000 petits porteurs concernés.

Alors que le feu vert du gotha bancaire et spéculateur mondial à la restructuration est attendu avec anxiété pour jeudi soir, Iannis Marinopoulos vient tout juste de fonder, avec quelque 400 compagnons d'infortune, une Association de personnes privées détentrices d'obligations grecques.

Arracher des dédommagements à l'Etat

Objectif: réclamer des indemnisations «à hauteur du prix d'achat» des titres qui seront inclus dans l'opération sans qu'ils puissent s'y opposer.

Ne perdant aucune occasion de rendre hommage au «patriotisme» de ces investisseurs, le ministre des Finances, Evangélos Vénizélos, «s'est engagé à des dédommagements une fois l'opération menée à bien, mais comme les élections approchent, c'est maintenant ou jamais qu'il faut les arracher», déclare-t-il.

Les montants concernés sont faibles, 2,3 milliards d'euros au total, moins de 1% du total des créances grecques concernées par l'opération, dont beaucoup acquis selon lui «quand l'Etat grec s'est mis en 2009 après la crise financière à faire la pub de ses obligations, en les présentant comme des valeurs sûres et rentables».