Echange de dette grecque: Dernières heures sous haute tension

CRISE Les créanciers du pays ont jusqu'à jeudi 21h pour donner leur accord au plan volontaire d'échanges d'obligations, faute de quoi le pays pourrait faire défaut...

Claire Planchard (avec agences)

— 

Des manifestants sur la place Syntagma d'Athènes (Grèce), le 15 juin 2011.
Des manifestants sur la place Syntagma d'Athènes (Grèce), le 15 juin 2011. — REUTERS/Pascal Rossignol

«Le succès de l'opération d'échange de la dette grecque n'est pas assuré et un défaut désordonné de la Grèce aurait de graves conséquences pour la zone euro.» Cette déclaration de Jean Lemierre, représentant des créanciers privés d'Athènes, publiée mercredi dans Le Monde, résume assez bien le climat de fébrilité qui régne à la veille de la date butoir. 

Un participation encore limitée à  39% des créanciers

Mercredi en début d’après-midi, seulement 39% des créanciers privés se disaient prêts à participer à l'échange de dette selonl’Institut de la finance internationale (IIF), qui menait les négociations. Parmi eux, des banques et des caisses de retraites grecques, mais aussi des banques étrangères comme UniCredit, principale banque italienne ou les banques françaises BNP Paribas et Société générale.

En revanche, plusieurs créanciers ont déjà fait part de leur refus d’y participer. Notamment cinq petits fonds de pension grecs représentant les journalistes, la police et les auto-entrepreneurs et qui détiennent environ 2 milliards d'euros d'obligations grecques, soit quelque 1% des titres du pays dans les mains des créanciers.

Pression maximale sur les fonds spéculatifs

A un peu plus de 24 heures de la date fatidique, le suspense reste donc entier et tous les regards sont tournés vers les «hedge funds» (fonds spéculatifs) qui détiennent environ un quart de la dette grecque aux mains d'investisseurs privés. La Grèce a donné à ses créanciers privés, assureurs, banques et fonds d’investissements, jusqu’au jeudi 8 mars 21h pour accepter l’offre d’échange d’obligations conclue le 20 février dernier.

L’accord prévoit un échange de titres «volontaires» qui doit permettre de réduire la dette du pays d'un montant de 107 milliards d'euros sans que cela soit considéré comme un défaut de paiement. Une offre qui contraint les investisseurs à perdre près de trois quarts de la valeur de leurs avoirs.

Les craintes d’un défaut désordonné toujours vives

La Grèce, qui exclut tout report de cette date limite, veut un taux d'acceptation de l'offre d'au moins 90%. En-deçà, entre 75% et 90%, le pays menace de déclencher des clauses d'action collective (CAC) pour forcer tous les détenteurs à prendre leurs pertes.

Un scénario catastrophe qui ouvrirait la voie à un défaut désordonné du pays et pourrait remettre en cause le déblocage du plan d’aide européen.  En effet, Athènes et l'Union européenne «seraient susceptibles de revoir certains paramètres» de l'accord, explique Jean Lemierre dans son interview au Monde. «Cela pourrait dégrader l'offre pour les créanciers», prévient-il, en ajoutant qu'un défaut désordonné de la Grèce aurait des «conséquences (...) très graves pour la zone euro, avec une possible contagion aux pays fragiles».