Renault accusé de fausses factures par un ancien cadre

POLÉMIQUE e constructeur automobile aurait voulu léser le fisc...

avec AFP

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Un ancien directeur financier d'une filiale de Renault au Luxembourg a accusé le constructeur français d'avoir pratiqué des fausses factures visant à léser le fisc, lors d'une enquête de la justice sur les motifs de son licenciement, rapporte Libération mercredi.
Un ancien directeur financier d'une filiale de Renault au Luxembourg a accusé le constructeur français d'avoir pratiqué des fausses factures visant à léser le fisc, lors d'une enquête de la justice sur les motifs de son licenciement, rapporte Libération mercredi. — Bertrand Guay afp.com

Un ancien directeur financier d'une filiale de Renault au Luxembourg a accusé le constructeur français d'avoir pratiqué des fausses factures visant à léser le fisc, lors d'une enquête de la justice sur les motifs de son licenciement, rapporte Libération mercredi.

Etienne Mars, directeur financier de Renault Retail Group (RRG) licencié en 2009, fait partie des trois cadres de cette filiale luxembourgeoise qui se sont portés partie civile dans l'enquête sur la fausse affaire d'espionnage du groupe automobile, estimant avoir aussi été victimes de fausses accusations.

Lors d'une audition les 27 et 28 septembre dernier, M. Mars a affirmé que RRG "émettait de fausses factures à l'adresse des filiales européennes d'un montant déterminé", selon un rapport d'enquête de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) cité par le quotidien.

Ces sommes, payées selon lui par des filiales à une société du groupe Renault, avaient pour but de "fausser à la baisse le bilan financier et baisser les impôts de chaque succursale Renault dans son pays d'implantation", toujours selon ce rapport au juge d'instruction.

Système en place jusqu'en 2007

Le système aurait ainsi perduré jusqu'en 2007, avant l'arrivée d'un nouveau directeur financier chez RRG qui aurait progressivement fait le ménage, selon l'ancien cadre.

"Etienne Mars a apporté par la suite aux enquêteurs les documents appuyant ses dires", selon une source proche du dossier citée par Libération.

Etienne Mars, Alex Hoffmann, l'ex-directeur des ventes de RRG et Antonio Rigo, l'ex-directeur technique, affirment que leurs départs du groupe automobile - par licenciement en 2009 pour les deux premiers et une démission contrainte selon lui pour le troisième - étaient injustifiées.

Une enquête de la DCRI révélée mardi a découvert que des faux figuraient dans des dossiers aux noms des trois ex-cadres, notamment des comptes inexistants, selon leur avocat Me Alexandre Varaut. Celui-ci souligne les similitudes avec les licenciements, fin 2010, de trois cadres de Renault accusés à tort d'espionnage industriel.