Les bonus des salariés de Wall Street en recul de 25% en 2011

REMUNERATION Un rapport de l'agence de contrôle des finances de la ville de New York prévoit une année sombre pour la place financière...

avec AFP

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Les bonus des salariés de Wall Street ont reculé d'environ 25% en 2011 par rapport à l'année précédente, selon une estimation publiée lundi par une agence indépendante de New York.
Les bonus des salariés de Wall Street ont reculé d'environ 25% en 2011 par rapport à l'année précédente, selon une estimation publiée lundi par une agence indépendante de New York. — Spencer Platt afp.com

Vague d'austérité sur Wall Street? A en croire cette agence publique indépendante l'heure est à la modération dans les grandes banques de New York.

«Nous estimons que les bénéfices de Wall Street se sont élevés à 10,5 milliards de dollars en 2011, un niveau bien inférieur à celui des récentes années, et que les bonus pour l'année ont baissé de 25%», indique dans un communiqué l'agence de contrôle des finances de la ville de New York.

Retournement de tendance dans les grandes banques new-yorkaises

Si les pratiques de rémunération avaient changé depuis la crise de 2008, avec tout ou majorité des bonus bloqués pour plusieurs années et leur versement étalé dans le temps, de généreux bonus avaient continué à être versés jusqu'à présent sur la place new-yorkaise.

Les bonus des dirigeants bancaires de Wall Street pour 2010 avaient même recommencé à augmenter. Le PDG de la banque d'investissement Goldman Sachs Lloyd Blankfein avait vu par exemple son salaire tripler en 2010 à deux millions de dollars.

Les quatre autres principaux cadres dirigeants de la banque avaient en outre bénéficié de la même augmentation de salaire alors que la performance de Goldman Sachs avait été médiocre en 2010 (le bénéfice net avait notamment reculé de 37% et le chiffre d'affaires s'était effrité).

Suppressions de postes en vue

Par ailleurs, Wall Street devrait perdre de nombreux emplois en 2012, selon cette agence.

«Nous estimons que Wall Street supprimera 4.300 emplois cette année et que les salaires, bonus inclus, diminueront de 7,5%», ajoute cet organisme indépendant financé par des fonds publics.

Le document explique ces prévisions par «l'environnement changeant dans le secteur financier», le ralentissement économique entraîné par «les problèmes dans la zone euro« et «la hausse du cours du pétrole causée par les tensions au Moyen-Orient».

Pour ces raisons, l'agence de contrôle des finances de New York a abaissé ses prévisions de créations d'emploi dans l'ensemble des secteurs: elle ne table plus que sur 22.000 créations d'emploi à New York en 2012, contre 38.800 estimés en décembre, et 44.400 en 2013 (contre 50.000).