Michelin entre dans une phase de turbulences

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L'empire Michelin a basculé dans l'incertitude, ce week-end, avec le décès inattendu de l'héritier aux commandes, Edouard Michelin, à 43 ans. Parti pêcher le bar au large de la Bretagne, le PDG du leader mondial du pneu a péri lors du naufrage de son embarcation, vendredi. Une enquête est ouverte sur les raisons de l'accident, qui s'est produit dans une zone dangereuse de la côte.

La mort du PDG survient dans une conjoncture difficile, marquée par une concurrence féroce et la flambée des matières premières. Sous le choc, le groupe basé à Clermont-Ferrand a immédiatement indiqué que la direction était confiée à Michel Rollier, cousin et co-gérant. Le statut de l'entreprise donne le pouvoir aux gérants, presque toujours des membres de la famille. Mais aucun Michelin n'est prêt à prendre les rennes. Les fils d'Edouard sont trop jeunes, deux de ses frères sont dans les ordres et le troisième occupe un poste subalterne dans l'entreprise. Quant aux femmes, elles ne sont pas concernées. Rollier, dont le père fut cogérant de 1966 à 1991 aux côtés de François Michelin, le père d'Edouard, devra donc poursuivre la mutation du groupe. « Il y a déjà eu des moments où le groupe n'avait à sa tête qu'un seul gérant qui n'était pas de la famille », a relativisé un porte-parole.

Angeline Benoit

15 milliards d'euros. C'est le chiffre d'affaires de Michelin en 2005. 38 % C'est la hausse du bénéfice en 2005, à 889 millions d'euros. 20 % C'est la part du groupe dans le marché des pneus, ce qui en fait le leader mondial. 197 millions de pneumatiques ont été produits en 2005. 49 % des ventes sont réalisées en Europe. 130 000 employés sont répartis dans 140 pays, dont 34 000 sur 18 usines en France. 650 guides et cartes touristiques sont publiés par an. L'édition représente 0,5 % du chiffre d'affaires.