Bel va ouvrir une troisième usine aux Etats-Unis

ECONOMIE Les Américains consomment 8.000 tonnes de Mini Babybel par an...

M.B.

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Gamme de 5 filets de Mini Babybel
Gamme de 5 filets de Mini Babybel — Fromageries Bel

Le succès des Mini Babybel aux Etats-Unis ne se dément pas. Bel est sur le point de lancer sa troisième usine américaine. Située dans le Dakota du Sud, elle va nécessiter 92 millions d’euros d’investissement, du jamais vu pour le groupe, pour permettre la production, dès 2014, de 10. 000 tonnes de fromage.

Les ventes de Mini Babybel, en hausse de 25% par an, représentent déjà près d'un tiers des ventes totales de la filiale américaine de Bel aux États-Unis qui commercialise aussi La vache qui rit, Boursin et des marques locales de fromages à tartiner comme Merkts et Kaukauna.

Les Américains consomment aujourd’hui 8.000 tonnes par an de Mini Babybel, dont plus de la moitié sont importées, afin de répondre à l’augmentation de la demande.

Inquiétude des salariés

En lançant une nouvelle usine outre-Atlantique, cette part, aujourd’hui produite en France le sera directement aux Etats-Unis «pour la plus grande inquiétude des salariés d’Evron (Mayenne) qui craignent des réductions d’effectifs», souligne ce jeudi Le Parisien.

Et pour cause. «On produisait avant pour le monde entier, explique au quotidien un délégué CGT du site de Lons-le-Saunier (Jura), spécialisé dans la production de Vache qui rit. Bel construit maintenant dans chaque pays où il vend, notamment en Afrique du Nord. A Lons-le-Saunier (300 salariés), on a perdu une centaine de postes ces cinq dernières années. Des machines sont parties au Maroc ou en Egypte. Désormais, les sites français (au nombre de cinq ndlr) de Bel sont chargés de produire uniquement pour la métropole et les pays limitrophes.»

La direction rassure

Dans un entretien accordé à l'AFP, jeudi, la direction de Bel s'est montrée rassurante. «La nouvelle usine du Dakota du Sud vise uniquement à répondre à la demande très dynamique aux Etats-Unis. Elle ne se substitue absolument pas à la production en France où il n'y aura aucune baisse d'effectifs», a souligné Guillaume Jouët, vice-président du groupe Bel.

«Les volumes exportés par l'usine française d'Evron (Mayenne) aux Etats-Unis seront progressivement redirigés vers l'Europe, où la demande est aussi très dynamique», a précisé Guillaume Jouët, précisant que «chaque année, depuis cinq ou sept ans, le groupe Bel investit environ 25 millions d'euros dans son outil de production en France».

Bel prévoit d’embaucher 200 personnes aux Etats-Unis lors du lancement de son usine dans deux ans. «Une seconde phase de construction est envisagée pour 2016-2017 si la croissance des ventes se confirme et permettrait la création de 200 emplois supplémentaires dans la région», précise la société dans un communiqué.