Comment améliorer le secteur des transports

TRANSPORTS La Fédération nationale des associations d'usagers des transports (FNAUT) présentait ses propositions mercredi...

Bertrand de Volontat

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Les transports parisiens sont souvent saturés aux heures de pointe sont l'une des cibles de la FNAUT
Les transports parisiens sont souvent saturés aux heures de pointe sont l'une des cibles de la FNAUT — MARZARI EMANUELE/SIPA

Quel meilleur moment que la présidentielle pour faire bouger un secteur trop souvent critiqué pour son immobilisme? La Fédération nationale des associations d’usagers des transports (FNAUT) a publié mercredi sa charte des transports, adressée aux candidats à la présidentielle, avec l’objectif de faire bouger un secteur jugé délaissé par la politique (une seule des soixante propositions d'Hollande porte sur les transports, par exemple) et qui mériterait d’être réformé en profondeur.

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L’immobilisme du secteur inquiète

De la saturation de la ligne 13 du métro parisien à la dépendance pétrolière en passant par le prix de l’essence et les soucis environnementaux, la FNAUT passe en revue les principaux enjeux des transports collectifs, privés et de marchandises en France à ce jour. «Saturés dans les agglomérations mais absents dans les zones périurbaines, les transports connaissent une situation paradoxale», explique Jean Sivardière, président de la FNAUT. D’un côté les infrastructures se dégradent vite et ne sont très souvent pas restaurées et de l’autre l’accès à l’emploi, à l’enseignement ou aux soins est rendu difficile.

Le constat de la FNAUT met en avant «un état des lieux assez inquiétant», notamment la mobilité des piétons et des cyclistes, la menace pesant sur les services ferroviaires tels les TER, Intercités ou les TGV, la diminution de moitié du fret ferroviaire, les nuisances de l’automobile en zone urbaine et le réchauffement climatique. Il y a par ailleurs «trop de camions et trop d’avions sur la courte distance», selon Jean Sivardière.

La FNAUT propose le partage des trafics qui doit être rééquilibré en développant des alternatives collectives, ou même idéalement la marche à pied ou le vélo. En outre, chaque mode de transport doit être cantonné à son domaine de pertinence, doit payer ses coûts économiques et externes (environnement). Enfin, l’aménagement du territoire pour favoriser la mobilité doit être une priorité.

Mieux hiérarchiser les projets

Tout d’abord, il s’agirait de faire des choix judicieux en matière de nouvelles infrastructures, le réseau routier ayant déjà une longueur égale aux réseaux allemands et britanniques réunis. «Il y a aujourd’hui, trop de projets routiers ou des investissements inutiles comme l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes», affirme le président. La FNAUT s’engage en faveur d’une hiérarchisation des projets de lignes à grande vitesse, abandonnant ainsi notamment la ligne Poitiers-Limoges. Ils se positionnent pour une accélération des investissements de transports communs. Des idées qui pourraient avoir toutefois un coût pour les riverains si la fiscalité n’est pas modifiée.

Le deuxième volet  de la charte se penche justement sur cet aspect fiscal. Chaque mode de transport doit payer ce qu’il coûte à la collectivité. Par exemple, «le kérosène des avions n’est aujourd’hui pas taxé et devrait l’être comme les carburants routiers et il rapporterait 1,3 milliard d’euros par an à l’Etat», assure Jean Sivardière. La FNAUT prône également un retour de la TVA à 5,5% pour les transports publics.

La réglementation doit par ailleurs être plus stricte.  La vitesse maximale sur l’ensemble du système routier doit selon la FNAUT être diminuée de 10 km/h, cela mettrait la France dans la moyenne européenne. Les plans de déplacements urbains (loi Lepage de 1996) doivent être obligatoires aux agglomérations de moins de 100.000 habitants. Du côté des syndicats, la loi Bertrand sur le service prévisible pour les transports terrestres, très favorable aux usagers, est jugée très positivement.

Enfin, la gouvernance et poursuivre la décentralisation. Le stationnement urbain, l’augmentation de la part régionale de la TIPP font partie des priorités de la FNAUT, la TIPP flottante étant jugée dangereuse. «La répartition des compétences entre agglomérations et régions doit être relu car il n’y a quasiment aucune coordination entre région et département», juge le président. La FNAUT souhaite évoluer vers une réunification ou à l’opposé une séparation totale du système ferroviaire. Enfin, à l’instar de la SNCF face à Veolia, la fédération est pour une ouverture à la concurrence des TER, afin de relancer ce type de transports.

Avec un plan très axé environnement, c’est sans surprise que les programmes d’Eva Joly et de Corinne Lepage, sur leur partie transport, séduisent le plus la FNAUT.  Cette dernière attend désormais une réponse ou une réaction des candidats.