Les TPE avancent au radar mais s'attendent à une année difficile

EMPLOI Après deux mois en 2012, les très petites entreprises (TPE) françaises n’ont toujours aucune visibilité sur l’année et sont obligées de prendre des mesures en conséquence...

Bertrand de Volontat

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Les embauches se font de plus en plus en CDD
Les embauches se font de plus en plus en CDD — Sipa

Considérées comme l’un des principaux viviers d’emplois en France, les TPE ont cependant supprimé des postes l’an passé et comptent n’en créer que très peu en 2012. C'est ce qu’indique le 45ème baromètre des TPE réalisé par le cabinet d'expertise Fiducial et publié ce mardi. La crise n’a pas épargné les très petites entreprises françaises, à en croire les patrons, qui ne sont que 7% à avoir embauché en 2011 et 10% à avoir réduit leurs effectifs.

«Le ressenti du moment des TPE n’est pas bon, elles n’ont pas les moyens de se projeter», constate Jean-Marc Jaumouillé, directeur des études techniques de Fiducial. Pour preuve, près d’un chef de TPE sur deux ne se prononce pas dans ce baromètre. «50% d’entre eux n’ont pas confiance dans leur propre activité», poursuit-il, précisant toutefois qu’il ne s’agit pas d’une crispation mais bien d’une attente, d’une mise entre parenthèses en espérant mieux. Un mieux qui pourrait toutefois ne pas arriver de sitôt, à en croire Fiducial.

Les TPE s’efforcent de recruter des jeunes

2012 devrait être toutefois moins difficile en termes d'embauches pour les TPE, puisque seules 3% d’entre elles envisagent une diminution de leurs équipes. Les quelques recrutements prévus viseront principalement (74%) les postes techniques. Pour deux tiers de ces patrons, recruter est compliqué pour plusieurs raisons: il s'avère en effet difficile de trouver un personnel à un salaire adapté aux moyens d’une TPE, mais aussi du personnel motivé ou tout simplement compétent. Les TPE recourent ainsi souvent à de jeunes recrues -65% des TPE emploient au moins une personne de moins de 30 ans.

«Si un CDD ou un CDI s’en va, il faut faire sans», explique Jean-Marc Jaumouillé. Le patron et les salariés restants préféreront faire des heures supplémentaires grâce à la loi Tepa de 2007, qui a régulé les rémunérations au-delà des 35 heures en TPE. Cependant, «les TPE embauchent moins que ce qu’elles voudraient, précise le directeur. Elles n’ont pas les mêmes moyens que les grandes entreprises, notamment en termes de service du personnel», continue le directeur des études techniques de Fiducial.

La trésorerie stagne aussi

Du côté des salaires, 2012 sera une année sans relief, puisque ceux-ci ne devraient en moyenne n’augmenter que d’1,2%. Une TPE sur trois ne procédera à aucune revalorisation salariale. Le rehaussement des salaires restent pourtant la priorité des patrons de TPE.

Les encours de crédit ont en revanche progressé au quatrième trimestre 2011, à 211 milliards d’euros, dont 125 pour les crédits à l’investissement hors immobilier. Seules 15% des TPE ont ainsi déclaré avoir subi des restrictions d’accès au crédit, soit un pourcentage inférieur à la barre des 20% pour la première fois depuis 2008. Même constat pour les refus secs, estimés à 18%, pour la première fois sous les 20 points en quatre ans. «Il y a une normalisation des relations avec les banques en temps de crise, conclut Jean-Marie Jaumouillé. Ces financements ont une influence positive sur l’activité des TPE.»

A ce jour donc, une année 2012 apathique s’annonce donc pour les TPE pénalisées par la crise, mais également par des clients et des fournisseurs également en difficultés, et peu portées par la croissance. Déjà en 2011, seules 20% des TPE avaient connu un taux de croissance supérieur à l’inflation, 80% d’entre elles n’ayant pas bénéficié des fruits de la croissance française.