Dominique Thormann, le directeur financier du Groupe Renault, présente Zesto, le premier livret d’épargne de la filiale RCI banque, le 16 février 2012.
Dominique Thormann, le directeur financier du Groupe Renault, présente Zesto, le premier livret d’épargne de la filiale RCI banque, le 16 février 2012. — Philippe STROPPA/Renault

FINANCES

Les constructeurs automobiles, des banques comme les autres?

Alors que la filiale bancaire de Renault lance vendredi son premier livret d'épargne, Bloomberg révèle que plusieurs constructeurs européens voudraient bénéficier des prêts avantageux accordés aux banques par la BCE...

Les constructeurs auto ne se contentent pas de fabriquer des voitures, ils prêtent aussi de l’argent pour les acheter. Adossés à des filiales bancaires, ils sont ainsi de gros pourvoyeurs de crédits à la consommation. Et ils ne s’arrêtent pas là.

Des services financiers de plus en plus diversifiés

Les constructeurs allemands Volkwagen et BMW proposent aussi des livrets d’épargne et autres services bancaires classiques, comme des cartes de paiement.Selon l’Usine nouvelle, Volkswagen Bank aurait ainsi déjà réussi à collecter 20 milliards d’euros d’encours d’épargne depuis le lancement de son premier livret en 1995.

Un modèle qui a donné des idées à Renault : vendredi, RCI Banque, sa filiale spécialisée dans les financements et services automobiles des réseaux Renault, Nissan et Dacia vient de lancer Zesto, un livret d’épargne sans frais, rémunéré au taux de 2,80% brut. Une première en France.

L'établissement bancaire, qui appartient à 100% à Renault, annonce détenir près de 2,5 millions de clients en portefeuille, pour un encours productifs moyens de 21 milliards d’euros. Ce nouveau produit développé en partenariat avec Crédit Mutuel Arkéa, doit lui permettre de diversifier ses sources de refinancement. Objectif : assurer «
la croissance du financement des ventes aux clients particuliers et professionnels de RCI Banque», indique Dominique Thormann, son PDG, dans un communiqué.

Les constructeurs auto bientôt au guichet de la BCE ?

Comme les banques classiques, ces filiales doivent en effet faire face à l’assèchement des liquidités sur le marché interbancaire tout en renforçant leur bilan pour satisfaire les nouveaux critères internationaux de Bâle III en matière de fonds propres. «Ces financières ont besoin chaque année de 7 à 8 milliards d’euros de refinancement, c’est donc elles qui ont des problèmes et non les activités industrielles», confirme Gaëtan Toulemonde, analyste automobile chez Deutsche Bank.

Comme les banques classiques, les constructeurs automobiles dotés de licences bancaires songeraient donc sérieusement eux aussi à venir au guichet de la Banque centrale européenne pour bénéficier du second volet de l’opération de refinancement à long terme (LTRO) lancée en décembre dernier.

«Renault a déjà dit qu’il utiliserait une centaine de millions d’euros et PSA Peugeot Citroën a parlé d’un milliard d’euros», confirme Gaëtan Toulemonde.

Selon Bloomberg, Volkswagen serait aussi sur les rangs pour bénéficier de ces prêts à un taux défiant toute concurrence: 1% sur 3 ans. Une bouffée d’oxygène de bon aloi pour ces filiales financières en mal de refinancement.