La vente de 20% du stock d'or français épinglée par la Cour des Comptes

Reuters

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La vente d'un cinquième du stock d'or de la France engagée à partir de 2004 par Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Economie, pour gérer plus activement les réserves de change n'a pas été une bonne affaire, selon la Cour des comptes.

Recherche de rendements supérieurs

A l'époque, le futur président de la République avait dit vouloir remplacer une partie de l'or détenu par la Banque de France (BDF) - et qui ne rapportait pas d'intérêt - par un portefeuille de devises censé améliorer le rendement.

Dans un communiqué commun avec le ministre de l'Industrie, il précisait que l'Etat misait sur un revenu de 200 millions d'euros par an, rappelle la Cour des comptes dans son rapport annuel, publié mercredi.

Pour y parvenir, la BDF a donc décidé de vendre entre décembre 2004 et septembre 2009 près de 600 tonnes d'or sur les 3.000 qu'elle détenait alors.

Une mauvaise affaire pour les caisses de l'Etat

Compte tenu de l'appréciation du cours de l'or, ces ventes ont permis de dégager d'importantes plus-values de cession, soit 4,67 milliards d'euros.

Mais à partir de 2007, la crise financière a provoqué l'abaissement sensible des taux d'intérêts, «alors que l'once d'or s'appréciait en moyenne de 20% sur l'année», dit le rapport.

De sorte que si le programme de vente n'avait pas été exécuté, la réserve en or de la Banque de France aurait atteint 19,4 milliards d'euros fin 2010, alors que les réinvestissements en devises se sont élevés à seulement 9,2 milliards d'euros.

Le programme de vente d'or poursuivi malgré tout

La Cour des comptes note que malgré le changement intervenu en 2007 la Banque de France a poursuivi son programme de vente d'or jusqu'à son terme, en 2009.

Or, Nicolas Sarkozy avait indiqué dans ses instructions que «le rythme de mise en oeuvre du programme de vente» devait dépendre du jugement du gouverneur de la BDF sur son opportunité. «En particulier au vu de l'évolution des cours observés sur le marché de l'or», écrivait-il.

A l'inverse de la France, les autres banques centrales nationales européennes qui avaient entrepris des programmes de cession d'or les ont interrompues.