Crédit immobilier: Les taux restent stables en janvier

BANQUE La perte du AAA français n’a pas provoqué la flambée des taux tant redoutée selon plusieurs courtiers spécialisés...

Claire Planchard

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Appartement à vendre dans un immeuble ancien du centre historique du Mans en mai  2011.
Appartement à vendre dans un immeuble ancien du centre historique du Mans en mai  2011. — GILE MICHEL/SIPA

Petit répit pour les candidats à l’achat immobilier. Au mois de janvier, les taux moyens consentis par les banques sont restés relativement stables selon plusieurs grands acteurs du courtage en crédit logement.

«J’étais la première à penser qu’il y aurait une hausse après la dégradation de la note de la France mais ce n’est pas encore le cas très nettement», explique Maël Bernier, porte-parole d’Empruntis, qui propose aujourd’hui des taux fixes moyens de 4,25%  sur 20 ans et de 4% sur 15 ans.

Même constat chez Meilleurtaux: «Parmi les nouvelles grilles de taux reçues pour le mois de février, 45% affichent des baisses – de 0,15 point en moyenne, 31% ne présentent aucune évolutions et seules 24% font état d’une hausse des taux de 0,07 point en moyenne», détaille ce vendredi le courtier dans un communiqué. Au total, le taux moyen sur 20 ans s’établit ainsi  à 4,28% contre 4,31% en janvier.

Une hausse déjà largement anticipée par les marchés

Phillipe Taboret, directeur général de Cafpi confirme la tendance mais appelle toutefois à la prudence: «On avait déjà subi une hausse des taux avant l’annonce de la dégradation parce que les marchés l’avaient anticipée. On est donc aujourd’hui dans une situation où les banques sont très chères et ont des marges importantes» explique-t-il.

Dans ce contexte, les politiques commerciales des banques restent très nuancées et mouvantes: «Certains établissement peuvent décider de baisser un peu leurs prix pour revenir sur le marché concurrentiel, mais on n’est pas dans une tendance lourde à la baisse: d’un mois sur l’autre on a des hausses ou des baisses, mais on est clairement dans une situation où les taux ne bougent pas», souligne le directeur général de Cafpi.

Les taux maintenus sous pression par les marchés

Selon lui, l’avenir pourrait même réserver de mauvaises surprises: «On est dans une perspective négative depuis la dégradation: les marchés attendent des décisions politiques en matière de réduction des déficits. Mais en cette période préélectorale, le véritable danger est que les décisions soit reportées: cela pourrait alors provoquer une hausse des taux de l’ordre de 0,5 à 1 point d’ici la fin de l’année», estime Philippe Taboret.

«Rien ne sert de reporter son projet immobilier d’achat ad vitam aeternam en espérant un recul des taux, car on n’est pas dans un mouvement baissier généralisé», confirme aussi Maël Bernier d’Empruntis.

Petite consolation toutefois: dans ce contexte d’incertitude, le ralentissement des transactions immobilières pourrait entraîner un petit ajustement à la baisse des prix des biens mis en vente… Un rééquilibrage qui pourrait contribuer à préserver le pouvoir d’achat des futurs acquéreurs.