Pénurie de logements: Les mesures de Nicolas Sarkozy sont-elles à la hauteur?

Mathieu Bruckmüller

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La Courneuve le 01 septembre 2011. Logement social HLM a La Courneuve. Logement immeuble recent.
La Courneuve le 01 septembre 2011. Logement social HLM a La Courneuve. Logement immeuble recent. — A. GELEBART / 20 MINUTES

Pour contrer le déficit endémique de logements, estimé à 900.000 en France, le président de la République a présenté dimanche des mesures qui sont loin de faire l’unanimité quant à leur efficacité.

Le projet de loi qui sera présenté dès mercredi prochain prévoira sur un terrain  la possibilité pour les 13 millions de particuliers propriétaires de leur maison d’augmenter de 30% la taille de leur logement sans permis de construire supplémentaire. Idem pour les promoteurs qui pourront construire près d’un tiers d’appartements ou de maisons de plus, en hauteur ou en largeur pour une période de trois ans. «Pour ceux qui sont déjà propriétaires, cela ne fera pas plus de logements. Les promoteurs pourraient augmenter leur capacité de production pour gagner quelques logement de plus sur chaque opération, mais ce n’est pas ça qui résoudra le problème», estime Christophe Robert, directeur général adjoint de la Fondation Abbé Pierre. L’exécutif attend quand même de cette mesure 40.000 logements supplémentaires par an.

Cette hausse de 30% du Coefficient d’occupation des sols (COS), déjà possible pour les constructions qui remplissent des critères de performance énergétique, promet de sacrées batailles à l’échelon local. En effet, les conseils municipaux, compétant sur les plans locaux d’urbanisme (PLU) et les plan d’occupation des sols (POS) pourront s’y opposer en votant une délibération spécifique.

Mais ce n’est pas tout. Nicolas Sarkozy souhaite d’ici 2016 que l’Etat cède plusieurs centaines de terrains pour permettre la création d’environ 100.000 logements supplémentaires dont la moitié en Ile-de-France, a précisé ce lundi François Fillon.

Vers une baisse des prix?

Pour le président de la République, la densification des logements aurait un avantage: freiner la flambée des prix qui plombe plus que jamais le pouvoir d’achat des ménages. Pourtant, ils sont nombreux à douter de l’efficacité de la mesure. En augmentant la taille de leur maison, les propriétaires risquent de hausser la valeur de leur bien. Idem pour les promoteurs qui pourraient bien refiler la hausse inéluctable des prix des terrains à bâtir en raison de leur plus grande constructibilité.

Pour sa part, Christophe Robert s’étonne de l’opposition du chef de l’Etat à toute idée de régulation des prix comme elle existe chez nos voisins allemands ou helvétiques. Contrairement à François Hollande qui dans ces 60 engagements parle d’un encadrement des loyers dans les zones denses, le locataire de l’Elysée y est fermement opposé: «Cela n'a marché nulle part même à l'époque de l'Union soviétique» le risque selon lui serait une paralysie du marché ou plus personne ne voudrait louer ni construire.