Le Kerviel britannique d'UBS devant la justice

FINANCES Le trader Kweku Adoboli, inculpé d'une fraude massive ayant coûté 1,5 milliard d'euros à la banque suisse, doit comparaître lundi à Londres...

C. P. avec agences

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Le trader Kweku Adoboli, soupçonné d’une fraude ayant couté 1,5 milliard d’euros à UBS, à Londres le 22 septembre 2011.
Le trader Kweku Adoboli, soupçonné d’une fraude ayant couté 1,5 milliard d’euros à UBS, à Londres le 22 septembre 2011. — Rex Features/REX/SIPA

«Non coupable». Après plus de quatre mois de détention en prison, la ligne de défense de Kweku Adoboli n’a pas changé. 

Aujourd’hui entouré d’une nouvelle équipe d’avocats qui lui a permis de reporter son procès le 20 décembre dernier, le jeune homme de 31 ans va désormais devoir convaincre le tribunal de Londres.

Jusqu’à dix ans de prison

Les charges pesant sur lui sont lourdes: il est inculpé d’abus de position et de fraudes comptables pour des agissements qui ont commencé en 2008 alors qu’il travaillait au sein du département ETF («Exchange Traded Funds») de la banque suisse et auraient perduré jusqu'à la veille de son arrestation, le 15 septembre 2011, à Londres.

Le trader, qui avait effectué des opérations non autorisées d'un montant de 10 milliards de dollars (7 milliards d'euros) avant la découverte des pertes, assure depuis le début que sa hiérarchie était informée de ses opérations. Il risque jusqu’à dix ans de prison s’il est reconnu coupable.

La banque suisse ébranlée

Cette fraude supposée a failli porter le coup de grâce à la banque suisse, qui avait tout juste commencé à remonter la pente après ses colossales pertes enregistrées lors de la crise des subprimes en 2008 et qui était dans le collimateur de la justice américaine dans des affaires de d’évasion fiscale.

La découverte de cette fraude avait provoqué la démission du directeur général de la banque, Oswald Grübel, le 24 septembre. Elle avait également coûté leur poste à François Gouws et Yassine Bouhara, responsables de la division Global Equities, où s'est produite la fraude.

En France le précent Kerviel

Cette gigantesque manipulation n’est pas sans rappeler l’affaire Kerviel qui avait secoué  la banque française Société générale en janvier 2008, se soldant par 5 milliards d'euros de pertes et la démission de son  PDG Daniel Bouton fin avril 2009.

Le 5 octobre 2010, le trader Jérôme Kerviel a été condamné à cinq ans de prison, dont trois fermes, et à payer 4,9 milliards d'euros de dommages et intérêts à son ancienne banque.Il a fait appel de sa condamnation.