Eurotunnel se dit toujours intéressé par la reprise de navires de SeaFrance

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De nombreuses questions demeurent sur la viabilité et la mise en service du projet de coopérative ouvrière (Scop) des anciens marins de SeaFrance, après l'attribution lundi pour 65 millions d'euros de l'ensemble des actifs de la compagnie maritime liquidée en janvier à la société Eurotunnel.
De nombreuses questions demeurent sur la viabilité et la mise en service du projet de coopérative ouvrière (Scop) des anciens marins de SeaFrance, après l'attribution lundi pour 65 millions d'euros de l'ensemble des actifs de la compagnie maritime liquidée en janvier à la société Eurotunnel. — Philippe Huguen afp.com

Le PDG d'Eurotunnel Jacques Gounon a indiqué dans Le Parisien de lundi qu'il travaillait toujours à un projet de reprise de "deux ou trois" navires de la compagnie de ferries en liquidation SeaFrance, ce qui lui permettra de s'emparer d'un segment de marché qui lui échappe actuellement.

"Il est normal qu'Eurotunnel s'intéresse à cette activité. Le ferry a des offres adaptées à une partie du marché qui nous échappe: les véhicules hors gabarit du tunnel, les futurs camions de 60t, ou les cars", a relevé Gounon, précisant continuer à travailler avec l'ancien patron de la compagnie Brittany Ferries "à élaborer son projet".

Eurotunnel doit d'abord expertiser les bateaux

"Le liquidateur va, peut-être dès cette semaine, faire appel à un courtier maritime. C'est celui-ci qui dira comment il souhaite procéder" pour la vente des navires de SeaFrance. La liquidation de cette filiale à 100% de la SNCF a été prononcée le 9 janvier.

"Quand nous connaîtrons les conditions de vente des navires, on pourra finaliser notre projet. Nous devons avoir le temps pour expertiser les bateaux", a-t-il relevé. Il a ajouté: "Après, on pourra préciser l'exploitation et les effectifs nécessaires". "Ces derniers seront supérieurs aux quelques dizaines d'emplois proposées par la concurrence", a-t-il affirmé.

SeaFrance employait 880 personnes en France et 130 au Royaume-Uni. Les trois navires appartenant à la compagnie sont estimés à 150 millions d'euros. Gounon a par ailleurs rejeté les accusations selon lesquelles Eurotunnel occuperait une position dominante sur le trafic transmanche avec ces acquisitions.

"On en est loin. Les deux ou trois ferries de SeaFrance que nous visons sont à mettre en relation avec les 30 ou 35 navires opérant sur les côtes françaises et de la mer du Nord", a-t-il souligné. "Notre place, c'est au contraire d'être mieux armé face à une concurrence très agressive".