La Bourse de New York se prépare à un essoufflement

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La Bourse de New York compte sur la publication de statistiques économiques importantes aux Etats-Unis dans les prochains jours, notamment les chiffres mensuels de l'emploi, pour infirmer ou vérifier la tendance à l'essoufflement qui semble se dessiner.
La Bourse de New York compte sur la publication de statistiques économiques importantes aux Etats-Unis dans les prochains jours, notamment les chiffres mensuels de l'emploi, pour infirmer ou vérifier la tendance à l'essoufflement qui semble se dessiner. — Spencer Platt afp.com

La Bourse de New York compte sur la publication de statistiques économiques importantes aux Etats-Unis dans les prochains jours, notamment les chiffres mensuels de l'emploi, pour infirmer ou vérifier la tendance à l'essoufflement qui semble se dessiner.

Au cours des cinq dernières séances, le Dow Jones, indice des 30 valeurs vedettes de Wall Street, a perdu 0,47%, terminant vendredi à 12.660,46 points.

Le Nasdaq, à dominante technologique, a progressé de 1,07% à 2.816,55 points tandis que l'indice élargi Standard & Poor's restait presque stable à +0,07% et 1.316,33 points à la clôture vendredi.

"La hausse est pratiquement continue depuis le mois de décembre (et) des indicateurs montrent que la dynamique haussière s'essouffle un peu", a relevé Evariste Lefeuvre de Natixis.

"Cela ne veut pas dire que le marché est en train de changer drastiquement de sens, c'est juste qu'il y a une forme de pause et malgré tout, sur la zone euro, il y a matière à rester relativement prudents", notamment sur l'accord avec le secteur privé, a-t-il poursuivi, alors que les négociations en cours entre Athènes et ses créanciers privés pour l'effacement d'une partie de sa dette colossale n'ont toujours pas abouti.

Avant de s'essouffler dès jeudi, le marché a progressé mercredi, encouragé par la promesse de la Fed annonçant de maintenir des taux d'intérêt "exceptionnellement bas" jusque "fin 2014 au moins". Jusque là, la Banque centrale américaine avait parlé de mi-2013 et cette annonce a été interprétée comme laissant la porte ouverte à de nouvelles injections de liquidités dans l'économie.

Tout au long de la semaine, la Grèce, épicentre de la crise, a impatienté Wall Street, peinant à trouver un accord satisfaisant avec ses créanciers et faisant craindre un défaut, et les conséquences dévastatrices d'une telle éventualité sur les marchés.

Mais, au fil des jours, les investisseurs, à la suite du PDG de la banque américaine JPMorgan Chase Jamie Dimon, ont affiché un désintérêt croissant quant au destin de la dette grecque.

M. Dimon a déclaré jeudi qu'un défaut de la Grèce ne serait "pas si grave" pour les banques américaines et que le risque de défaut de la dette de l'Espagne et de l'Italie étaient bien plus sérieux.

"La Grèce n'est plus tout à fait au centre de l'attention ces jours-ci, tout simplement parce qu'il n'y a (pour l'instant) rien de nouveau", a noté Lindsey Piezga, de FTN Financial.

La semaine a également été marquée par les résultats record d'Apple qui ont ébloui Wall Street mercredi. Mais, Apple mis à part, peu d'entreprises ont fasciné les investisseurs depuis lundi.

"L'environnement macroéconomique n'est pas mauvais mais il confirme que l'économie n'accélère plus tellement, mais qu'elle est en train d'atteindre un plateau de croissance", a analysé M. Lefeuvre, "ce qui explique aussi pourquoi les marchés se sont stabilisés cette semaine".

Petite déception aussi du côté des chiffres de la croissance économique vendredi. Le taux de croissance du "PIB n'est pas seulement en dessous des attentes, la nature de cette croissance est aussi incroyablement décevante", a regretté Lindsey Piezga.

La croissance a atteint 2,8% d'octobre à décembre, le taux de croissance trimestriel américain le plus élevé depuis un an et demi, mais il est nettement inférieur à l'estimation médiane des analystes, qui donnait une hausse du PIB de 3,2% au quatrième trimestre.

Dans ce contexte, la publication de l'indice ISM d'activité dans l'industrie mercredi, puis vendredi les chiffres mensuels de l'emploi pour janvier, véritable point d'orgue de la semaine, sont attendus avec beaucoup d'attention par les marchés qui veulent voir si l'idée d'un essoufflement de l'activité économique va se confirmer.

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