La Bourse de Paris à l'épreuve du sommet européen et de la dette grecque

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La Bourse de Paris, qui a préservé ses gains grâce aux annonces de la banque centrale américaine, restera focalisée la semaine prochaine sur les tractations en Grèce et sur un sommet européen crucial pour l'harmonisation budgétaire de la zone euro.
La Bourse de Paris, qui a préservé ses gains grâce aux annonces de la banque centrale américaine, restera focalisée la semaine prochaine sur les tractations en Grèce et sur un sommet européen crucial pour l'harmonisation budgétaire de la zone euro. — Patrick Kovarik afp.com

La Bourse de Paris, qui a préservé ses gains grâce aux annonces de la banque centrale américaine, restera focalisée la semaine prochaine sur les tractations en Grèce et sur un sommet européen crucial pour l'harmonisation budgétaire de la zone euro.

Sur la semaine écoulée, l'indice CAC 40 a terminé quasiment à l'équilibre (-0,08%) pour s'inscrire vendredi à 3.318,76 points. Depuis le 1er janvier, il affiche une hausse de 5,03%.

"Un certain appétit pour le risque a été alimenté par de bons résultats d'entreprises aux Etats-Unis, à l'image d'Apple" qui a publié un bénéfice trimestriel record et par "les annonces de la Réserve fédérale américaine qui a donné un coup de pouce important à l'économie", décrypte Aymeric Diday, gérant de portefeuille à la Banque Pictet.

La banque centrale américaine ne prévoit plus de relever ses taux avant fin 2014, alors qu'elle visait jusqu'à présent la mi-2013.

Son président Ben Bernanke a en outre laissé entendre qu'elle pourrait de nouveau injecter des liquidités en masse dans le circuit financier, comme elle l'a fait de 2008 à 2010, si la reprise fléchissait.

"Les conditions d'accès au crédit seront extrêmement facilitées, de sorte que les risques de faillites, de sociétés financières ou non, pour des problèmes de liquidité devraient diminuer significativement", souligne Nicolas Just chez Natixis AM.

L'analyste s'interroge toutefois sur la pertinence d'un éventuel troisième cycle d'assouplissement monétaire.

"A-t-on vraiment besoin d'un tel programme alors que l'on sait que les deux premiers ont eu certes un impact pour éviter tout risque systémique, mais qu'ils n'ont eu que peu d'effets sur l'économie réelle", remarque-t-il.

En Europe, l'accalmie sur le marché de la dette obligataire a aussi contribué à rassurer les investisseurs. Rome et Madrid ont réussi à emprunter à des taux en forte baisse et la demande des investisseurs a été importante pour ces levées de fonds.

Lundi, le sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne, appelé à finaliser le projet de pacte sur la discipline budgétaire de la zone euro, sera l'un des temps forts de la semaine.

Pour Stéphane Prévost, directeur général de la société de gestion La Financière Responsable, trois points clés seront particulièrement surveillés: "l'évolution des principes de gouvernance, la règle d'or budgétaire, et les avancées sur le Fonds européen de secours".

Le feuilleton grec restera au centre des préoccupations. Malgré des avancées, l'incertitude persiste quant à un accord avec les banques, appelées à accepter une réduction de leur créances de 100 milliards d'euros afin d'éviter un défaut de paiement "désordonné" du pays.

Le Fonds monétaire international, qui a le pouvoir de débloquer des fonds vitaux pour le pays, s'est rappelé au bon souvenir des négociateurs, laissant entendre que les créanciers publics européens devraient eux aussi accepter une décote sur leurs obligations. La Banque centrale européenne, qui détient environ 45 milliards d'euros de dette grecque, fait pour l'instant la sourde oreille.

La semaine sera riche en statistiques économiques avec notamment aux Etats-Unis, les chiffres de l'emploi en janvier et les indices ISM dans l'industrie et dans les services.

Enfin, le bal des publications d'entreprises va se poursuivre. Sont notamment attendus, aux Etats-Unis, les résultats d'ExxonMobil, Mattel ou Pfizer et, en France, LVMH.

Pour M. Just, il faut s'attendre "à une pause du marché parisien qui devrait reprendre son souffle après sa forte progression enregistrée depuis le début de l'année".

D'autant que certains écueils pourraient freiner les ardeurs à court terme.

La croissance de l'économie américaine a atteint fin 2011 son plus haut niveau depuis près de deux ans mais cette amélioration a fait long feu, aux yeux des analystes, qui tablent sur un ralentissement début 2012.

  1. Euronext (CAC 40)