Le régulateur des télécoms va vérifier le réseau de Free Mobile

TELEPHONIE Le ministre de l’Industrie a demandé à l'Arcep d’agir...

M.B. avec agence

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L'offre d'abonnement au mobile sur le site Internet de Free, le 12 janvier 2012.
L'offre d'abonnement au mobile sur le site Internet de Free, le 12 janvier 2012. — PRM/SIPA

L’arrivée de Free dans la téléphonie mobile n’en finit pas de faire des remous. Deux semaines après son lancement, des doutes planent sur le fonctionnement de son réseau.

Pour mettre les choses au clair, l'Autorité de régulation des télécoms (Arcep) vient de demander au nouvel entrant d'actualiser les informations relatives à l'état de ce dernier. De plus, elle «engagera une vérification sur le terrain, selon la même méthode que celle utilisée pour les précédents contrôles. Les résultats seront rendus publics», souligne-t-elle dans un communiqué.

A la mi-décembre, selon les mesures de l’autorité, la couverture de Free avait atteint les 27% de la population avec ses propres antennes, le seuil obligatoire pour pouvoir lancer son service de téléphonie mobile. Dans le même temps, un contrat d'itinérance permet à Free d'utiliser le réseau d'Orange pour couvrir les trois quarts restants en attendant de développer son propre réseau.

Une couverture sous-dimensionnée?

Ces derniers jours, les accusations pleuvent, sous couvert d'anonymat, prétextant que Free n’a pas activé toutes ses antennes, utilisant du même coup prioritairement le réseau d'Orange. Les syndicats Unsa et CFE-CGC des opérateurs télécoms mobiles ont demandé mercredi à l'Arcep d'ouvrir une enquête sur Free. «Free Mobile serait à l'heure actuelle en situation de manquement permanent à ses obligations de couverture de la population métropolitaine», font valoir les deux syndicats d'Orange, SFR et Bouygues Telecom.

«Tout porte à croire que, depuis le lancement de ses services, Free Mobile a dégradé la couverture de son réseau, qui assurait une couverture théorique suffisante mais n'est en réalité pas dimensionné pour faire face à une utilisation en phase commerciale», accusent-ils.

L’Arcep assure ne pas avoir été saisie

Le même jour, Eric Besson, ministre de l’Industrie, a demandé au président du régulateur des télécoms, dans une lettre que s’est procurée Le Figaro, de vérifier que Free, en conformité avec les engagements de sa licence, couvre bien 27% de la population. Dans le même temps, devant la commission des Affaires économiques de l'Assemblée nationale, Xavier Niel, le patron de Free a répliqué: «Notre réseau est ouvert, allumé depuis le premier jour et il fonctionne de manière significative.»

L’Arcep rappelle dans son communiqué, qu’à ce jour, aucun opérateur ne l’a saisie et aucun élément concret n'a été porté à sa connaissance «à l'appui des faits allégués par les médias et repris par le courrier des syndicats». Affaire à suivre.