Investir dans le vin, un placement qui n'est pas vain

FINANCES Les investissements dans le vin font rêver, mais ne sont ouverts qu'aux gros portefeuilles...

Gilles Wallon

— 

Le vin est un marché de niche, car si la demande explose, la quantité de bouteilles reste limitée.
Le vin est un marché de niche, car si la demande explose, la quantité de bouteilles reste limitée. — TRAVERS / SIPA

L'investissement dans le vin suscite les convoitises. Acheter des très grands crus en remplacement des actions, les laisser prendre de la valeur pendant quelques années, avant de les revendre à des amoureux du bordeaux…

Dans la morosité boursière actuelle, l'idée a de quoi séduire. «Le vin est l'actif qui progresse le plus, plus que l'or, plus que l'immobilier», se réjouit Franck Nogues, cofondateur de Patriwine, spécialiste de la gestion d'actifs dans ce domaine un peu particulier. En 2009, année exceptionnelle, «il était possible de faire 30 % de plus-value en un an, se souvient Camille Benoist, gérant de la maison La Bergère Investissement. Aujourd'hui, on peut tourner autour des 12%. Mais sur des investissements de trois ans.»

En France, il n'existe qu'une poignée de sociétés qui proposent aux investisseurs d'acheter, de stocker, puis de revendre les crus les plus connus du monde. Château-margaux, lafite-rothschild, les bouteilles restent stockées dans leurs caisses d'origine et conservées dans des caves à la température contrôlée.

10.000 € minimum

Le vin reste un marché de niche, car si la demande explose, en Chine en particulier, la quantité de bouteilles demeure très limitée. L'accès restreint aux très grands vins, et la vente par caisses de douze bouteilles uniquement, rendent l'aventure fermée aux petits budgets. Investissement minimum: 10.000€. «Et ça ne doit pas être le seul placement, met en garde Franck Nogues. Il faut un portefeuille complet, d'autres actions, des assurances-vie. Le vin ne doit représenter que 10% de l'ensemble investi.»

Parmi ses 500 clients, ce spécialiste compte donc surtout «des expatriés aisés.» Il se veut pragmatique: «Il n'y a que les plus grands bordeaux qui paient. Quelle que soit leur qualité, les crus bourgeois ne se vendent pas. C'est la loi du luxe. Vous pouvez créer le plus beau sac du monde, si ce n'est pas un Vuitton, il intéressera moins.»