Seuls les gros du secteur survivront

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But de l'opération : répondre à la demande de métaux. Loin d'être isolé, le raid de Mittal sur Arcelor est symptomatique d'un secteur en pleine restructuration depuis environ cinq ans. Ainsi, au Canada, on assiste à une véritable foire d'empoigne entre les géants miniers Inco, Falconbridge et Teck Cominco. L'explication est simple. Dopés par la demande mondiale, et plus particulièrement celle de la Chine, de l'Inde et du Brésil, les cours de l'acier, du cuivre, de l'aluminium ou encore du zinc s'envolent. Le prix de ce dernier, par exemple, a bondi de 225 % en un an, tandis que la tonne de cuivre vient d'atteindre 8 800 dollars, soit deux fois plus qu'en janvier. Même des grands groupes comme Arcelor n'ont pas les moyens de financer les investissements nécessaires pour augmenter l'offre, explique Christian de Barrin, directeur de la communication de l'European Copper Institute. « Essayer d'explorer ou de développer de nouvelles mines coûte extrêmement cher, en particulier dans des territoires où il y a peu d'infrastructures. Seules les très grosses entreprises peuvent se permettre ces investissements, de l'ordre de deux à trois milliards de dollars pour une grosse mine de cuivre ou de nickel », précise Robin Bhar analyste de la banque UBS. D'autres batailles sont donc à venir.

Clémence Lemaistre