Ce qui va changer pour votre portefeuille si François Hollande devient président

PRESIDENTIELLE Le candidat socialiste vient de dévoiler son programme économique. Quelles en seront les conséquences pour vos finances? Décryptage...

Mathieu Bruckmüller et Bertrand de Volontat
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Le 4 janvier 2012 à Pessac, conférence de presse de François Hollande.
Le 4 janvier 2012 à Pessac, conférence de presse de François Hollande. — SEBASTIEN ORTOLA / 20 MINUTES

L’exercice était très attendu. L’ancien Premier secrétaire du Parti socialiste a mis les pieds dans le plat ce jeudi matin en dévoilant ses 60 propositions pour son éventuel quinquennat. Retour sur ces annonces avec trois experts, afin d’analyser les conséquences qu’elles auraient sur votre quotidien…

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Fusion de l’impôt sur le revenu et de la CSG. Le dossier est politiquement très sensible. La CSG est aujourd’hui payée par tout le monde alors que l’impôt sur le revenu ne touche que la moitié des actifs. «Un tel rapprochement accroitrait mécaniquement la base de ce dernier, mais faute d'une baisse des taux de prélèvements, pénaliserait du même coup la consommation des ménages, le dynamisme et l’attractivité du pays», avance Frédéric Bonnevay, économiste associé chez Anthera Partners. «La CSG est un impôt efficace, contrairement à l’impôt sur le revenu. En fusionnant un bon impôt avec un mauvais impôt, je crains que ce dernier l’emporte», estime Philippe Crevel, du Cercle des épargnants.

Nouvelle tranche d’imposition de 45%. Vous ne serez probablement pas concernés par cette mesure, sauf si vous déclarez au moins 150.000 euros de revenus par part. Concrètement, cette nouvelle tranche va concerner 60.000 ménages. «C’est un signal politique important pour demander aux plus riches de participer à l’effort. Pour l’essentiel, ce sont par exemple des patrons de grosses PME ou des cadres dirigeants en poste dans un comité exécutif d’un grand groupe», illustre Vincent Grandil, avocat associé chez Altexis 100% fiscal.

Haro sur les niches fiscales. Le candidat Hollande entend annuler 29 milliards d’euros de niches fiscales. Il sera désormais impossible de tirer avantage des «niches fiscales» au-delà d’une somme de 10.000 euros de diminution d’impôts par an. Le dernier plan de rigueur administré par l’actuelle majorité avait déjà ramené le plafond à 18 000 euros + 6% du montant du revenu imposable pour 2012. Frédéric Bonnevay craint qu’un rabot supplémentaire général n’impacte des niches utiles à l’économie, comme les emplois à domicile.

Nouvelle réforme de l’ISF. Mauvaise nouvelle toujours pour les plus aisés: le candidat socialiste veut revenir sur la réforme de l’impôt sur la fortune (ISF) instituée l’an dernier et qui s’applique désormais aux patrimoines supérieurs ou égaux à 1,3 million d'euros, contre 800.000 euros auparavant, réduisant les recettes de l’ISF de 400 millions d’euros.

Successions. L’abattement sur les successions sera ramené de 159.000 euros à 100.000 euros par enfant. «Le patrimoine est accumulé entre les mains des générations les plus anciennes. Les successions vont être une source d’impôt importante dans les années qui viennent», commente Vincent Grandil.

Hausse de l’allocation de rentrée scolaire (ARS). François Hollande s’engage également sur une hausse de 25% de l’ARS. Versée sous conditions de ressources, elle a atteint 311,11 euros en 2011 pour un enfant de 15 à 18 ans et 284,97 euros pour un enfant de 6 à 10 ans.

Relèvement du plafond du livret A. Bonne nouvelle pour le produit d’épargne préféré des Français. Avec le président Hollande, le plafond du livret A serait doublé pour passer de 15.300 à 30.600 euros. Idem pour le livret de développement durable. De plus, il s’engage à le rémunérer au-delà de l’inflation. L’assurance-vie a du souci à se faire après une année 2011 particulièrement sombre. «Le risque est de voir un produit court terme rapporter plus qu’un produit long terme. Or, la France manque d’épargne longue pour financer les entreprises», rappelle Philippe Crevel.