Un million d'auto-entrepreneurs en France: Mais est-ce vraiment un succès?

ECONOMIE Ce régime suscite toujours bien des critiques...

M.B.

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Aperçu du Portail internet des auto-entrepreneurs, le mardi 30 novembre 2010
Aperçu du Portail internet des auto-entrepreneurs, le mardi 30 novembre 2010 — DR

A première vue, le chiffre a de quoi donner le tournis. En moins de trois ans, près d’un million de Français se sont inscrits comme entrepreneurs. La barre sera franchie d’ici la mi-février. Devenir son propre boss en un rien de temps a, semble-t-il, suscité bien des vocations chez les étudiants, salariés, retraités ou encore chômeurs à la recherche d’un complément de revenus.

Ainsi, en 2011, 53% des créations de sociétés étaient le fait d’auto-entrepreneurs, selon les chiffres de la Fédération des auto-entrepreneurs (FDAE) dévoilés ce mardi par Les Echos. Ces dernières ont réalisés, en 2010, 3,2 milliards d'euros de chiffre d'affaires, soit une moyenne de 8.320 euros par auto-entrepreneur.

La proposition de François Hollande

Mais dans le même temps, l’Acoss (Agence centrale des organismes de sécurité sociale) a enregistré 88.000 radiations, portant le total à 370.000 depuis la création du statut. Et les désertions pourraient se multiplier. A l’image de Nathan, interrogé par Le Monde, qui a décidé d’abandonner son statut d’auto-entrepreneur: «Je gagnais en moyenne 150 euros par mois une fois les charges retirées, alors que je travaillais plus de dix heures par semaine.» De son côté, Raphaël déplore au quotidien du soir «un système de charges bien trop élevées proportionnellement au chiffre d'affaires». «Une simplicité apparente, mais derrière, les ennuis s'accumulent», abonde Charlie.

Des critiques qui expliquent certainement en partie le ralentissement de la croissance d’auto-entreprises l’an dernier: +292.000, soit une baisse de 20% sur un an. Et dans les faits, moins de 50% des autoentrepreneurs sont considérés comme économiquement actifs, c'est-à-dire qu’ils dégagent un chiffre d’affaires.

L’avenir du régime d’auto-entrepreneur est d’ailleurs incertain. Il est décrié par les artisans et les commerçants, qui y voient une distorsion de concurrence. Un message reçu 5 sur 5 par le candidat socialiste à la présidentielle François Hollande, qui veut en limiter la portée. De la démagogie, rétorque au Monde Grégoire Leclerq, président de la FDAE. Rien de mieux, à ses yeux, pour précariser un peu plus un régime qui pourtant a permis de générer 600 millions d’euros de recettes fiscales.

>> Et vous, êtes-vous auto-entrepreneur? Est-ce que ce statut vous convient? Dites-le nous dans les commentaires ci-dessous…