Hongrie: Bruxelles ouvre la voie à des sanctions pour déficit excessif

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La Commission européenne a jugé mercredi que la Hongrie n'avait pas assez fait pour corriger son déficit public et a proposé de la sanctionner, mais a en revanche salué les mesures prises par la Belgique, Chypre, Malte et la Pologne pour corriger leur trajectoire budgétaire.
La Commission européenne a jugé mercredi que la Hongrie n'avait pas assez fait pour corriger son déficit public et a proposé de la sanctionner, mais a en revanche salué les mesures prises par la Belgique, Chypre, Malte et la Pologne pour corriger leur trajectoire budgétaire. — Attila Kisbenedek afp.com

Les ministres des Finances de l'Union européenne ont ouvert la voie mardi à des sanctions inédites pour déficit excessif contre la Hongrie en approuvant une recommandation en ce sens de la Commission, a indiqué à l'AFP un diplomate européen. "La décision a été adoptée" lors d'une réunion à Bruxelles, a indiqué cette source. Ces sanctions pourraient prendre la forme d'un gel de subventions européennes, notamment celles du fonds de cohésion de l'Union européenne.

La Hongrie n'en a pas fait assez

La Commission a jugé que la Hongrie n'avait pas assez fait pour corriger son déficit public. Bruxelles estime que le déficit 2011 était certes techniquement sous la barre des 3% du Produit intérieur brut national, maximum toléré dans l'UE, mais fait valoir que ce chiffre a été calculé à partir d'éléments exceptionnels. Les Etats de l'UE l'ont donc suivie dans ces conclusions.

Il s'agit d'un revers pour le Premier ministre hongrois, Viktor Orban, au moment où son pays, en grande difficultés financières, cherche à obtenir des prêts de l'UE et du FMI.

Au cours de la réunion des ministres européens des Finances mardi, "de réelles tensions politiques" sont apparues entre la Hongrie et ses partenaires, selon une autre source diplomatique européenne, indiquant que l'état des forces est de "26 contre un" au sein de l'Union européenne. "Le déficit est une chose, mais il y a aussi plus globalement des préoccupations sur la direction prise politiquement par la Hongrie", a souligné cette source.

Budapest fait depuis le 17 janvier l'objet de trois procédures d'infraction au droit communautaire. La Commission européenne, craignant pour l'indépendance de la banque centrale mais aussi celle de la justice et de l'autorité de protection des données, a donné un mois à Orban pour modifier ces textes sous peine de poursuivre Budapest en justice.