La Hongrie, en quête d'aide financière, vient plaider sa cause à Bruxelles

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Le Premier ministre hongrois Viktor Orban était attendu mardi à Bruxelles pour négocier une modification de plusieurs de ses lois controversées et tenter d'obtenir ensuite des prêts internationaux, alors que son pays est sous la menace de sanctions financières par l'UE.
Le Premier ministre hongrois Viktor Orban était attendu mardi à Bruxelles pour négocier une modification de plusieurs de ses lois controversées et tenter d'obtenir ensuite des prêts internationaux, alors que son pays est sous la menace de sanctions financières par l'UE. — Georges Gobet afp.com

Le Premier ministre hongrois Viktor Orban était attendu mardi à Bruxelles pour négocier une modification de plusieurs de ses lois controversées et tenter d'obtenir ensuite des prêts internationaux, alors que son pays est sous la menace de sanctions financières par l'UE.

Orban doit rencontrer successivement dans l'après-midi le président de l'UE, Herman Van Rompuy, puis le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, pour tenter de régler son contentieux avec Bruxelles. Budapest fait depuis le 17 janvier l'objet de trois procédures d'infraction au droit communautaire. La Commission européenne, craignant pour l'indépendance de la banque centrale, mais aussi celle de la justice et de l'autorité de protection des données, lui a donné un mois pour modifier ces textes sous peine de poursuivre Budapest en justice.

Les problèmes sont plus politiques qu'économiques

Elle suit par ailleurs "de très près" la situation de Klubradio, la seule radio d'opposition en Hongrie, dont la licence n'a pas été renouvelée. Bruxelles cherche notamment à établir si la Hongrie est en infraction avec sa législation concernant les réseaux et services de communications électroniques. Vendredi, le chef du gouvernement hongrois s'est déclaré confiant dans le fait que ces questions seraient réglées à l'occasion de sa visite à Bruxelles. "Je ne vois aucune question particulièrement difficile" à résoudre, a-t-il déclaré.

Venu s'expliquer la semaine dernière au Parlement européen, il avait déjà indiqué qu'il était prêt à assouplir sa position tout en cherchant à ramener les contentieux à des points juridiques et techniques pour échapper aux critiques de ses détracteurs, qui l'accusent de remettre en cause la démocratie dans son pays. Mais pour Bruxelles, les problèmes sont aussi politiques. Barroso l'a ainsi appelé "instamment" à "respecter les principes de démocratie et de liberté et à les mettre en oeuvre".

Orban sait qu'il doit donner des gages à l'Europe au moment où son pays, au bord de la banqueroute, cherche à obtenir de l'UE et du FMI un crédit, dont le montant n'est pas précisé mais qui est estimé entre 15 et 20 milliards d'euros. Le commissaire européen chargé des questions économiques, Olli Rehn, a souligné que la "pleine indépendance de la banque centrale" était une condition à son octroi. Le FMI est sur la même ligne.

Le négociateur hongrois Tamas Fellegi, qui a rencontré M. Rehn à Bruxelles vendredi, s'est montré optimiste sur le lancement prochain de ces négociations financières. "Nous serons très bientôt en position de révéler leur date et leurs conditions", a-t-il affirmé, se disant persuadé que "la rencontre entre MM. Barroso et Orban apportera des résultats utiles". Il a par ailleurs minimisé l'importance de l'aide financière demandée par la Hongrie, soulignant qu'il s'agissait "d'une forme de mesure de précaution".

Mais le dossier hongrois à Bruxelles ne s'arrête pas aux discussions avec la Commission: Lors de leur réunion mardi matin, les ministres des Finances de l'UE devaient "selon toutes probabilité, décider de réactiver la procédure de déficit excessif, c'est-à-dire le stade avant la sanction" à l'encontre de Budapest, selon une source diplomatique européenne, pour qui "tout dépendra des mesures nouvelles annoncées parla Hongrie".

La Commission a en effet jugé que la Hongrie n'avait pas assez fait pour corriger son déficit public, et que si le déficit public hongrois en 2011 était techniquement sous la barre des 3% du PIB, ce chiffre avait été calculé à partir d'éléments exceptionnels.

"Aujourd'hui, la Hongrie vit largement de mesures non pérennes, comme la liquidation de son pilier de retraites complémentaires", a souligné la source diplomatique, selon laquelle l'octroi d'un prêt à la Hongrie dépendra aussi de la réponse de Budapest dans ce dossier: "c'est un paquet cadeau", selon elle.